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Libye : les Soufis ont célébré Mahomet, malgré tout

Libye : les Soufis ont célébré Mahomet, malgré tout

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Ce week-end, les musulmans Soufis de la Libye ont vibré à Benghazi au rythme du Mawlid al-Nabi, une fête religieuse qui commémore l’anniversaire de Mahomet, le prohète de l’islam. Le tout, sous la menace des fondamentalistes.

Vêtus de tenues traditionnelles et se déplaçant dans les rues à travers une procession aux rythmes des tambourins et autres instruments du terroir local, les adeptes de cette fête ont exprimé leur joie durant une grande partie de la nuit de ce samedi (10 décembre).

Mais en toile de fond, la fête s’est déroulée sous la menace des salafistes locaux, opposés à cet événement qu’ils jugent non-conforme aux principes musulmans. Amr al-Tayeb, résident de la ville de Benghazine voit pas les choses ainsi.

“Ce soir, nous célébrons le Mawlid al-Nabi et bien sûr, nous considérons que c’est une tradition que nous avons héritée de nos pères et grands-pères, il y a des centaines d’années. Ce n’est pas une obligation religieuse, mais plus une pratique culturelle pour les gens que de célébrer le Mawlid al-Nabi, tout comme certaines personnes célèbrent Jésus”, dit-il.

A Benghazi, la tension est réelle entre Soufis traditionnels et Salafistes. Ces derniers sont sous l’influence des Saoudiens Wahhabis et d’autres islamistes étrangers ultra-conservateurs. Ces tensions viennent s’ajouter à la crise qui déchire la Libye depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.

“Aujourd’hui, nous célébrons le Mawlid al-Nabi dans le district de Kich. Qu’Allah continue à nous accorder cet événement béni. Si Dieu le veut, Benghazi sera libérée et toute la Libye aussi”, renchérit Ahmed al-Darsy, lui aussi habitant de Benghazi.

Le pouvoir des Salafistes s’est matérialisé à la suite de la guerre civile qui a eu lieu à Benghazi en 2014. Ils ont pris le contrôle de la plupart des bureaux de dotation et des mosquées, expulsant des lieux les Libyens qui refusaient d’adhérer à leur vision de l’islam.

Dans un tel contexte, les adeptes du Mawlid al-Nabi ont été escortés durant la cérémonie par personnel de sécurité, qui craignait d‘éventuelles attaques de la part d’extrémistes.

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