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Lagos fait la chasse aux bidonvilles

Lagos fait la chasse aux bidonvilles

Nigéria

C’est l’autre visage de Lagos, la vibrante capitale économique du Nigéria.

Loin des gratte ciels et des quartiers résidentiels, une communauté de pêcheurs, dernières victimes d’une politique d’urbanisation galopante lancée par les autorités pour rendre cette mégalopole de 20 millions d’habitants, plus fonctionnelle et attrayante.

Mais la médaille a un revers pour les habitants de ce bidonville d’Otodo Gbame, chassés de chez eux et abandonnés à leur sort.
Entre le 9 et 11 novembre, ce bidonville insalubre où vivaient 30.000 personnes a été rasé par des bulldozers, laissant derrière eux des dizaines d’hectares de terre dévastée et des milliers de sans abri.

“Tout a été brûlé, tout a été dispersé. Je n’ai pas retrouvé ma maison. Je ne retrouve plus mon père et son téléphone ne marche plus. Je ne sais pas où il est”, raconte une jeune femme en colère, Joke Soke.

Il y a encore quinze ans, Lekki n’était qu’un vaste marécage infesté de moustiques. Aujourd’hui, cette ville est le quartier de la nouvelle bourgeoisie nigériane. Le bidonville d’Otodo Gbame n’avait donc plus sa place au milieu des logements haut de gamme où le mètre carré vaut de l’or.

“Le gouvernement nous éjecte de force (…) pour saisir nos terres et les vendre aux riches”, accuse Toshun Pascal, un pasteur de la communauté.

“Les riches ne veulent pas de nous. A chaque fois qu’ils regardent à travers les fenêtres de leurs demeures et nous voient, leur colère monte”, se désole-t-il. “Nous allons combattre cette injustice jusqu‘à la dernière goutte de notre sang”.

Interpellé, le gouvernement local nie toute implication dans la démolition du bidonville. Ce n’est pourtant pas la première fois que de telles méthodes sont employées.

En 1990, plus de 300.000 personnes avaient été délogées du bidonville de Maroko, sur Victoria Island, par le gouvernement militaire de l‘époque. La zone est aujourd’hui occupée par un centre commercial ultra moderne et très prisé par les élites du pays.

Le 15 novembre, environ 2.000 expulsés d’Otodo Gbame ont manifesté devant la maison du gouverneur de l‘État de Lagos, pour exiger une aide au logement. Deux semaines après, ils restent sans réponse.

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