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L'Afrique du Sud donne l'espoir d'un vaccin contre le VIH

L'Afrique du Sud donne l'espoir d'un vaccin contre le VIH

Afrique du Sud

L’Afrique du Sud travaille sur un vaccin expérimental, visant à en finir avec le virus du Sida.

Les premiers volontaires ont reçu ce mercredi l’injection de ce vaccin. Le succès de celui-ci fera certainement tâche d’huile dans la longue lutte contre le tristement célèbre virus.

Pr Glenda Gray, directrice du Conseil sud-africain de la recherche médicale ((NRCSA) : “notre cible sont les jeunes filles et jeunes hommes, les adolescents, avant leur premier rapport sexuel. Et on aimerait créer un programme basé sur l‘école. Donc l’une des choses que l’on va faire en parallèle de cet essai, c’est commencer à s’intéresser à la résistance au vaccin dans des groupes de tranches d‘âges différentes.”

Les gens qui voulaient participer étaient inquiets de ce qui serait fait de leurs échantillons de sang.

Portant le nom improbable de HVTN 702, l‘étude, dont les débuts ont été effectués au centre de recherche de Soshanguve et dans quatorze autres sites du pays, se veut ambitieuse et engagée contre le VIH.

Dr Mookho Malahleha, chercheuse clinique travaillant sur le projet : “l’Afrique du Sud est la plus touchée par l‘épidémie de VIH. Nous avons le nombre le plus important de cas dans notre pays. Oui, nous avons pris des mesures, mais ça ne suffit pas. Et c’est la raison pour laquelle nous sommes si fiers de lancer cette étude HVTN 702, parce que ça marque le début d’une nouvelle ère. Si ce vaccin est sûr et efficace, il pourrait aider à sauver des millions de vies sud-africaines.”

Le “candidat” testé depuis mercredi est tiré d’une souche testée il y a sept ans en Thaïlande. Cette souche a permis de réduire de 31,2 % le taux d’infection. Résultat encourageant mais insuffisant, aux dires des spécialistes.

Le combat contre les réticences

La version revue, dopée et améliorée du vaccin sera testée sur 5.400 Sud-africains, des hommes et femmes âgés de 18 à 35 ans, pendant les quatre années à venir. Le tout, au travers d’une campagne qui avait rencontré un lot de réticences à ses débuts.

“Les gens qui voulaient participer étaient inquiets de ce qui serait fait de leurs échantillons de sang”, explique Mmapule Raborife, en charge de l’information de la population. “Nous leur avons montré une vidéo d’explication et ils ont fini par accepter”.

“Ces vaccins ont été développés par la bio-ingénierie dans le laboratoire. Il ne contient pas de véritables morceaux du VIH. Ils ont été développés par la bio-ingénierie, faits-maison dans le laboratoire, et il est constitué de copies synthétiques qui ressemblent au VIH pour pouvoir susciter une réponse immunitaire et des anticorps une fois injecté chez les participants”, ajoute le Dr Mookho Malahleha.

“Jane” (un nom d’emprunt, pour raison de discrétion) habite le township de Soshanguve, dans le nord de la capitale Pretoria. Elle est l’un des premiers ‘‘cobayes’‘ à prendre part à ce vaste essai clinique. Et elle en est fière. Etudiante de 21 ans, elle affirme ceci : “je connais des gens qui sont séropositifs, j’en connais qui sont morts à cause du VIH, certains étaient de ma famille. C’est pour eux que je suis là. Je veux changer les choses pour ma communauté et pour mon pays.”

“C’est une étape importante”, souligne le Dr Larry Corey, du Réseau d’essais des vaccins contre le VIH (HVTN). “
Cette étude va nous fournir d’importantes données pour développer un vaccin qui permettra de prévenir l’infection et d’enrayer l‘épidémie.”

Lutter contre les idées reçues et les inégalités

Mener la guerre contre le Sida n’est pas chose aisée. Il faut, en plus de trouver d‘énormes moyens financiers et du personnel hautement qualifié, combattre les idées reçues. Et pour ça, les les scientifiques ont dû ‘‘tordre le cou’‘ à certaines d’entre elles.

C’est ce que nous explique le Dr Mookho Malhalela: “ce vaccin ne contient pas de véritables morceaux du VIH. Il est constitué de copies synthétiques qui ressemblent au VIH pour pouvoir susciter une réponse immunitaire et des anticorps.”

Les plus sceptiques ont fini par se laisser convaincre par la possibilité pour ce vaccin d’en venir à bout du VIH. “Il est important (…) de donner de l’espoir aux gens, cela fait trente-cinq ans que nous sommes là-dedans”, insiste Mmapule Raborife, “tout le monde n’attend plus que ce vaccin”.

L’Afrique du Sud compte parmi les nations les plus touchées par la pandémie du VIH. Le taux de prévalence de ce pays d’Afrique australe étant de 19 % et 1000 personnes y sont contaminées chaque jour.

Les traitements ARV (antirétroviraux) ont contribué au ralentissement de l’avancée du VIH. Ils ont aussi permis de prolonger l’espérance de vie des personnes atteintes par ce fléau mondial. Mais leur accès (les ARV) reste encore une énigme pour beaucoup en Afrique du Sud. Seulement la moitié de la population infectée y a accès.

Pr Glenda Gray : “la mise au point d’un vaccin est essentielle pour l’Afrique du Sud (…), nos méthodes de prévention ne fonctionnent pas assez bien. La lutte contre le VIH, c’est un peu comme une guerre. Nous avons déjà des pistolets, des balles, des grenades. Le vaccin serait un char d’assaut. Pour combattre le VIH, nous avons besoin de tout l’arsenal.”

Les chercheurs visent un taux d’efficacité de 50 %, à propos de ce vaccin expérimental. A ce sujet, le Pr Glenda Gray estime que ‘‘si ce vaccin est considéré comme suffisamment efficace, il faudra alors entre cinq et dix ans pour développer sa production. Et nous aurons besoin d’argent”.

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