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Angola : que faut-il retenir du sommet des chefs d'État sur la crise en RD Congo ?

Angola : que faut-il retenir du sommet des chefs d'État sur la crise en RD Congo ?

République démocratique du Congo

Le sommet des chefs d‘État de la région des Grands Lacs à Luanda, la capitale angolaise, s’est achevé dans la soirée de mercredi. Cette réunion internationale qui devait traiter de la situation en République démocratique du Congo, a livré ses conclusions. En voici les points marquants.

Le ministre angolais des Affaires étrangères, Georges Chikoti avait donné le ton de ce que serait ce sommet de présidents africains, dans son chapitre sur la République démocratique du Congo. Il avait pour rappel, précisé que cette réunion internationale présidée par le président angolais Eduardo dos Santos – par ailleurs leader de la Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL) – ne remettra pas en cause l’accord politique signé la semaine dernière en RDC.

Plébiscite de l’accord politique

A Luanda, les chefs d‘État africains ont effectivement salué l’accord politique conclu la semaine dernière entre la majorité présidentielle, un bord de l’opposition et de la société civile. Les requêtes de la communauté internationale, de l‘église catholique ainsi que de l’opposition d’ouvrir de nouvelles négociations plus inclusives, ont tout simplement été balayées du revers de la main. Aucune mention n’en a été faite dans le communiqué final du sommet.

L’opposition exhortée à la patience

Au contraire, le président Eduardo dos Santos a appelé l’opposition à la patience, dans l’attente de la future présidentielle, programmée à avril 2018. “Il vaut mieux attendre quelques mois de plus pour faire des élections dans de bonnes conditions” (…) “plutôt que de se lancer sur les chemins incertains de la violence”. Le dirigeant angolais s’est ainsi épargné toute critique du maintien au pouvoir de Joseph Kabila jusqu‘à ces élections.

Il n'y a rien de bon qui pouvait sortir de ces chefs d'État là.

Les violences des 19 et 20 septembre dénoncées

Toutefois, si ce sommet semble être une approbation des “efforts” de Joseph Kabila pour réunir autour de la table toutes les couches de la société congolaise, les violences des 19 et 20 septembre dernier dans lesquelles sont mortes une cinquantaine de personnes, n’ont pas été gommées. Le collège de chefs d‘État a insisté sur le fait que le dialogue est la seule issue à privilégier pour surmonter les crises.

Soutien régional pour Joseph Kabila

Avec le soutien de ses pairs de la région des Grands Lacs, le président Joseph Kabila donne une relative légitimité au dialogue politique qu’il a initié. Mais surtout, il s’offre un soutien de poids alors qu’il est contesté par la communauté internationale qui intensifie les pressions pour une présidentielle au plus tard en 2017 et pour qu’il précise ses intentions après son second mandat qui prend fin le 19 décembre 2016.

Les réactions de l’opposition et de la société civile n’ont pas tardé à l’issue du sommet. Pour les mouvements citoyens congolais, cette réunion internationale a accouché d’une souris, alors qu’ils avaient demandé aux chefs d‘État réunis à Luanda de rejeter l’accord politique.

Néanmois, il n’y a pas de quoi s’en étonner, relativise Godefroy Mwanabwato, militant de la Lucha. “Quelles sont les personnes qui sont autour de la table ? C’est des chefs d‘État qui ont soit modifié les Constitutions dans leurs pays respectifs, soit c’est des chefs d‘État qui sont là au pouvoir depuis 25, depuis 30 ans, depuis 32 ans pour certains. Alors il n’y a rien de bon qui pouvait sortir de ces chefs d‘État là”, a-t-il déclaré.

Ce mercredi, l’influente église catholique congolaise a de nouveau appelé à des élections en 2017.

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