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Burundi : l'ONU accuse les autorités de "possibles crimes contre l'humanité"

Burundi : l'ONU accuse les autorités de "possibles crimes contre l'humanité"

Burundi

L’Enquête indépendante des Nations Unies sur le Burundi (EINUB) vient de livrer ses conclusions. Dans ce rapport communiqué ce mardi, le groupe d’enquêteurs accusent les autorités burundaises de s‘être livrées à de graves violations pouvant constituer des crimes contre l’humanité.

La probabilité d’une tendance génocidaire au Burundi inquiète les enquêteurs indépendants des Nations unies. Dans son rapport final d’enquête sur ce pays de l’Afrique de l’Est, le groupe d’experts met en exergue “une rhétorique de division ethnique par le gouvernement, et par d’autres” pouvant conduire à “une spirale incontrôlable, y compris au-delà des frontières du Burundi”.

Le rapport, qui porte sur les violations et les abus des droits de l’homme commis du 15 avril 2015 au 30 juin 2016, accable les autorités burundaises des pires violations des droits humains. L’enquête a du reste documenté 564 cas d’exécutions sommaires, des assassinats ciblés, des détentions arbitraires, des tortures et des violences sexuelles. Des crimes mis au compte des forces de sécurité, souvent avec le soutien du mouvement de jeunes du parti au pouvoir, connu sous le nom d’Imbonerakure, font savoir les enquêteurs.

Les victimes de ces violences seraient des citoyens opposés au troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, qui soit dit en passant, a mis le Burundi à feu et à sang à partir d’avril 2015.

Ainsi, des personnes ont-elles été enlevées et detenues dans des endroits non officiels comme des bars, des résidences de personnalités du parti au pouvoir ou encore à la permanence du CNDD-FDD, le parti au pouvoir ; d’autres par contre ont été victimes de violences sexuelles, quand certains ont été soumis aux pires formes de torture, peut-on lire dans le rapport.

Ce dernier détaille de fait 17 formes de torture et mauvais traitements qui ont été décrites aux enquêteurs de l’ONU, y compris la fixation de poids aux testicules de la victime, le broyage des doigts et des orteils avec une pince, des brûlures progressives au chalumeau ou être forcé à s’asseoir sur de l’acide, du verre brisé ou des clous.

Le musellement des journalistes, des membres de la société civile et des défenseurs des droits de l’homme est également mis à l’indexe dans le rapport qui se veut une boussole pour une quête définitive de la paix au Burundi.

Délégués par les Nations unies, les experts se sont rendus au Burundi du 1 au 8 mars et du 13 au 17 juin 2016. Ils ont ainsi pu effectuer un total de 227 interviews, à Bujumbura, Makamba et Gigeta, mais également en République démocratique du Congo, au Rwanda, en Tanzanie et en Ouganda avec, entre autres, 182 réfugiés.

L’objectif de ces conclusions, rappellent les enquêteurs, est d’interpeller le gouvernement du Burundi, l’Union africaine, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, le Conseil de sécurité et d’autres acteurs internationaux pour l’adoption de mesures robustes devant préserver les acquis de l’accord d’Arusha qui a permis au permis au pays de connaître sa plus longue période de paix.

Parmis elles, “la mise en place immédiate d’une commission d’enquête internationale, le réexamen de l’appartenance du Burundi au Conseil des droits de l’homme et l’invocation possible du Chapitre VII de la Charte des Nations, si les violations continuent et si le gouvernement continue à ne pas se conformer à la résolution du Conseil de sécurité du 29 juillet 2016 autorisant le déploiement d’une force de police de l’ONU”.

Quelque temps après la publication de ce rapport, le gouvernement burundais a annoncé la riposte. Un document de 40 pages “répondant à ce rapport biaisé et politiquement orienté” a été transmis à la commission de l’ONU, a fait savoir Willy Nyamitwe, le responsable de la communication de la présidence burundaise.

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