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Grincements de dents en Somalie après l'interdiction du khat

Grincements de dents en Somalie après l'interdiction du khat

Somalie

L’interdiction surprise du khat en Somalie a suscité des réactions de colère de la part des producteurs, des commerçants et des consommateurs.

Depuis l’annonce de la décision, des milliers de somaliens sont plongés dans le désarois.

“Nous savons que le khat nui à l‘économie, je suis d’accord que le gouvernement arrête son importation, mais il ne devait pas le faire brusquement, il fallait le faire progressivement”, déclaré Hassan Ganey, un consommateur.

Je suis d'accord que le gouvernement arrête son importation, mais il ne devait pas le faire brusquement

Adam Sharif, un autre consommateur se lamente : “Depuis ce matin, je n’ai pas été capable de me lever et aller travailler. En fait, je ne peux pas travailler sans khat parce qu’il me donne la force de travailler plus longtemps.”

La plante aux feuilles vertes et à la tige rouge est un stimulant qui a sur le consommateur un effet similaire à celui de deux tasses de café espresso.

Mâcher du khat est l’occupation des hommes somaliens dans l’après-midi. Cependant elle se transforme progressivement en addiction qui les poussent à dépenser tout leur argent pour l’achat des bouquet de feuilles, sans compter le temps qu’ils perdent quand ils sont sous son emprise.

Pendant que le khat va manquer aux somaliens, en Ethiopie et au Kenya où il est cultivé par de grandes communautés agricoles, l’arrêt des exportation vers la voisine consommatrice est source de difficultés financières.

Pire, le gouvernement somalien n’a fourni aucune explication sur cette décision. Il n’a non plus indiqué si l’interdiction est provisoire ou définitive.

Perplexe, Halima Hassan Dahir, une importatrice ne sait plus où mettre la tête.
“Je vends du khat depuis longtemps et j’utilise mes revenus pour payer les frais scolaires de mes enfants”, a-t-elle dit.

Abdi Hassan Diriye, un vendeur est quant à lui désemparé. “Nous n’avons pas khat hier et aujourd’hui. avant cela quand on nous fournissait, je parvenais à donner de l’argent à ma famille pour leur nourriture de la journée, mais je ne l’ai pas fait depuis hier. Je demande au gouvernement somalien “ , le ministre de l’aviation , le président de la Somalie , le Premier ministre et tout le monde qui se préoccupe de créer des emplois de lever l’interdiction de khat .”

Le commerce du khat est une activité très lucrative. Son exportation vers la Somalie, mais aussi le Yémen ou Djibouti rapporte en effet quelque 90 millions d’euros par an au Kenya et le double à l’Ethiopie

Les observateurs de ce commerce estiment que l’interdiction aura pour effet d’amplifier la contrebande qui dispose déja des réseaux bien structurés.

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