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Ali réélu, le régime Bongo se perpétue

Ali réélu, le régime Bongo se perpétue

Gabon

Il se présente comme l’homme du changement au Gabon. Toute sa campagne électorale a d’ailleurs été axée sur ce thème du changement. Pourtant, pour bien de personnes, Ali Bongo Ondimba n’est que la continuité de l‘ère Bongo qui a encore devant elle, au moins sept bonnes années suite à sa réélection.

Son bilan après son premier mandat, Ali Bongo Ondimba en est tout fier. Il affirme avoir conduit l‘économie du Gabon sur la route de la diversification alors que ce pays pétrolier de l’Afrique centrale tirait l’essentiel de ses recettes publiques du pétrole ; quitte à retirer quelques marchés à la France – ancienne puissance coloniale – au profit d’investisseurs asiatiques. Son bilan, Ali Bongo l‘évoque également en terme d’infrastructures. Il revendique un programme d’investissements « sans précédent » dans des infrastructures routières, sanitaires… et un soutien aux PME.

De son héritage personnel, Ali Bongo affirme même avoir légué “au peuple gabonais” des propriétés familiales en France. Des biens que sa famille est accusée d’avoir acquis en détournant des fonds publics .

Lors de sa campagne électorale, ABO comme l’appellent ses aficionados, fait valoir “l‘égalité des chances” et un Gabon émergent dans lequel le chômage et l’injustice seront des souvenirs lointains.

J'ai gagné ma place, elle ne m'est pas tombée comme ça. Au contraire, mon nom était un handicap.

Des changements qui pour lui et ses partisans, méritaient qu’on lui accorde une seconde chance afin qu’il achève ce qu’il a commencé. Toutefois, pour les 48, 23 % d‘électeurs – chiffre de la commission électorale – qui ont voté son adversaire Jean Ping, le Gabon mérite une alternance après près de 50 ans de règne sans partage de la famille Bongo.

Au berceau du pouvoir

Fils de feu le président Omar Bongo, Alain-Bernard Bongo, de son à l‘état civil avant qu’il ne convertisse à la religion musulmane en 1973 comme toute sa famille, a pu goûter aux prémices du pouvoir durant les quarante ans de règne de son père. A trente ans déjà, après des études en France, Ali Bongo bientôt marié à une Franco-gabonaise, Sylvia, est nommé ministre des Affaires étrangères pendant deux ans, avant qu’une nouvelle Constitution en 1991 relève à 35 ans la limite d‘âge ministériel.

Quelques années plus tard, en 1999 précisément, cet ancien chanteur qui a d’ailleurs un album, “A Brand New Man” (1977), à son actif, quitte ses fonctions de député qu’il occupe depuis 1990 pour la région du Haut-Ogooué grâce à l’aide de son père (malgré qu’il n’y réside pas et sa méconnaissance de la langue locale), pour devenir ministre de la Défense. Un portefeuille qu’il occupera jusqu’en juin 2009, à la mort de son père. Cette année-là, le fils Bongo revendique « l’héritage politique » de son père et estime avoir obtenu l’investiture du Parti démocratique du Gabon (PDG) pour briguer la succession de son père. “J’ai gagné ma place, elle ne m’est pas tombée comme ça. Au contraire, mon nom était un handicap”, avait-il clamé.

L’alternance réclamée

Même s’il est élu président, Ali Bongo doit notamment faire face à la dissidence des anciens compagnons de son père. Ce fut notamment le cas d’André Mba Obame, un baron du PDG qui contestera son élection avec 42 % des voix jusqu‘à sa mort en 2015. La contestation va prendre un autre virage quand le journaliste français Pierre Péan déclare qu’il est un enfant adopté au Nigeria par son père dans les années 60. Une thèse reprise par les opposants d’Ali de même que des membres de sa famille – dont sa demi-soeur Pascaline Bongo et son cousin germain Léon Paul Ngoulakia – et des anciens caciques du pouvoir, notamment Jean Ping.

Ces accusations alimenteront la présidentielle 2016 avant de s’estomper après une décision de la Cour constitutionnelle. “Je suis né le 9 février 1959 à Brazzaville, mon père s’appelle Omar Bongo Ondimba et ma mère Patience Dabany”. Une déclaration d‘état civil pour certainement revendiquer l’identité que lui dénient ses détracteurs.

Conscient que cette étiquette de « fils de » lui colle à la peau, Ali Bongo Ondimba finit par s’amuser des éternelles questions sur son père : “Lorsque je le cite, la réaction, ça va être de dire : + Papa m’a dit +. Lorsque je ne le cite pas, votre réaction est de dire: + Ah, il ne cite pas son père, est-ce que c’est la rupture? +”. “Il est constamment avec moi, c’est une inspiration”, s’accorde-t-il à dire.

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