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L'hôpital de Misrata (Libye) sous pression

L'hôpital de Misrata (Libye) sous pression

Libye

En Libye, les combats ne baissent pas en intensité dans la ville de Syrte, où les soldats pro-gouvernementaux tentent depuis trois mois d’en finir avec les terroristes de l’Etat islamique. Le seul hôpital qui accueille les soldats blessés du GNA (gouvernement d’unité nationale) est celui de la ville de Misrata, situé à 200 km de Syrte.

Cet hôpital, qui joue un rôle plus que décisif dans le déroulement des combats contre les terroristes, n’en reste pas moins limité dans ses capacités.

Docteur Akram Gliwan, porte-parole de l’Hôpital central de Misrata (HCM) : “la situation sur le terrain et sur les lignes de front dépend entièrement de la situation à l’intérieur de l’hôpital central de Misrata. C’est à cause de la pression exercée sur les équipes médicales et le fait que l’ hôpital a une capacité limitée. Il est en maintenance depuis 2007 et c’est le seul hôpital dans une ville qui compte une population d’un demi-million de personnes, sans compter les blessures qui auront lieu sur les lignes de front. “

C'est choquant de constater les capacités limitées de (l'HCM) au point où ils doivent utiliser l'aire d'accueil par manque de place.

Les forces du GNA ont réussi à reprendre des secteurs-clés aux jihadistes, notamment grâce à l’appui aérien de la US Air Force. Mais leurs efforts sont loin d‘être terminés, à cause de la résistance acharnée des islamistes. Plus de 350 combattants loyalistes ont péri et plus de 1.900 ont été blessés depuis le début de l’offensive (le 12 mai ) pour tenter de reprendre Syrte, selon un bilan officiel.

Mahmoud Gliwan, combattant blessé du GNA, soigné à l’hôpital de Misrata : “nous sommes arrivés à un endroit où il y avait eu un attentat à la voiture piégée. Nous étions à proximité de la voiture, j‘étais pieds nus et il y avait un incendie. Puis il y a eu une explosion.”

Un hôpital incontournable, aux capacités pourtant limitées

“La situation sur le front dépend de ce qui se passe (ici) et de la capacité du personnel médical et soignant à faire face à l’afflux des blessés”, explique le docteur Akram Gliwan.

Les soldats blessés pro-GNA sont conduits dans deux hôpitaux de campagne, situés entre la ville de Misrata et la ligne de front, avant de se retrouver finalement à l’Hôpital central de Misrata, d’une capacité de seulement 120 lits.

Docteur Akram Gliwan : “nous sommes obligés de placer les cas de soins intensifs en unité de surveillance continue (USC) et ceux de l’USC en chirurgie. Un jour, nous avons eu 160 blessés (…) et ce mercredi, nous en avons accueilli 97.”

Et le médecin d’ajouter : “nous devons veiller à vider (l’hôpital) avant l’arrivée d’un nouveau groupe de blessés”, conformément aux instructions des autorités militaires. Mais “le bloc opératoire ne désemplit pas”, s’inquiète-t-il.

La visite le 29 mai dernier de Martin Kobler, l‘émissaire de l’ONU pour la Libye, avait été marquée par un mauvais souvenir : l’image de soldats pro-gouvernementaux entassés dans le hall d’accueil de l’hôpuital central sde Misrata. L’envoyé des Nation unies avait été choqué par cette scène, se souvient le Dr Gliwan.

“C’est choquant de constater les capacités limitées de (l’HCM) au point où ils doivent utiliser l’aire d’accueil par manque de place”, avait écrit ce jour-là Martin Kobler sur son compte Twitter, photos à l’appui.

Mais plus de trois mois après la visite de l’envoyé spécial de Ban Ki-moon, la situation reste la même. Des draps encombrent l’espace d’accueil, qui est très vite transformé en bloc opératoire du fait de l’arrivée massive et rapide des blessés venant des différentes lignes de front.

Un manque de personnel qualifié, comblé par des bénévoles

Le manque de personnel qualifié est l’autre problème auquel est confronté l’Hôpital central de Misrata (HCM). Ce centre médical manque de médecins et de personnel soignant.

Les Philippins, Indiens et autres européens de l’Est, qui faisaient office de personnel, ont fui le pays à cause de la violence qui y prévaut. Ceux qui sont restés travaillent d’arrache pied dans les deux hôpitaux de campagne et l’Hôpital central.

“La seule option est de recourir à des bénévoles parmi les étudiants des facultés de médecine ou dentaire, et de l‘école d’infirmiers”, explique le Dr Gliwan.

“Je n’ai pas fermé l‘œil depuis 24 heures”, confie Ali Khalil, l’un des bénévoles de l’HCM. Ce professeur de biologie fait office d’ “infirmier” depuis deux mois. Ses horaires sont à plein temps et ses heures supplémentaires ne se comptent plus.

Les capacités amoindries de l’HCM “sont l’une des causes du ralentissement de la bataille. On ne peut lancer une nouvelle offensive avant de s’assurer qu’il y a suffisamment de lits à l’hôpital.”

Cette assertion du général Mohamad al-Ghassri, porte-parole des forces pro-GNA, confirme très certainement l’importance de l’hôpital central de Misrata.

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