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Le business du recyclage des téléphones portables au Niger

Le business du recyclage des téléphones portables au Niger

Niger

Au Niger, plus précisément à Niamey, la capitale, les téléphones portables usagés, qui finissaient autrefois à la poubelle, sont désormais recherchés par les collecteurs de mobile, inscrits dans le business du recyclage des téléphones portables. Un groupe de jeunes gens s’est lancé dans le recyclage de ces appareils dont plus personne n’a besoin. Ici, les débris de portables sont échangés avec de l’argent.

Moussa sillonne les rues de Niamey, collectant des vieux téléphones portables usagés, pour ne pas dire abîmés. Des débris de téléphone qui finissaient autrefois dans les décharges publiques, voir même dans les rues de la capitale nigérienne et qui sont devenus le gagne-pain de bon nombre de jeunes gens comme Moussa.

Des jeunes conscients du danger que représentent ces déchets pour l’environnement. Mais aussi, des jeunes qui ont compris que ces « épaves » peuvent constituer une source salariale.

Avant on jetait les ordures (...) Maintenant au lieu de les jeter, on préfère vendre ça et prendre un peu de sous, que de les jeter.

C’est dans les ateliers de réparations de téléphones portables que se fait la bonne collecte. Ces résidus sont récupérés moyennant une somme d’argent, selon la quantité collectée. A l‘époque, le troc se faisait en nature.

Du système de troc aux billets de banque

Les déchets étaient échangés contre des accessoires de téléphone mobiles. Mais les données ont changé. Aujourd’hui, c’est contre des billets de banque que l’on peut s’offrir ces restes de téléphones.

Abdoulaye Saleye, réparateur des téléphones : « avant on jetait les ordures, on ne savait pas ce que ça pouvait avoir comme conséquence, donc avec eux, on a su que ce n‘était pas bon de jeter les ordures. Maintenant au lieu de les jeter, on préfère vendre ça et prendre un peu de sous, que de les jeter. »

Carte mère, plaquette, coque… Bref tout est emmené au centre de tri, séparé selon les catégories, emballé dans des sacs de 100 kg chacun, avant leur exportation vers… l’Europe.

« Nous avons une catégorie des déchets mobiles dénommée cartes électroniques ou bien plaquette donc c’est le moteur même de téléphonie mobile dont nous achetons aujourd’hui entre 6.000 et 7.000 F CFA (entre 9 et 11 euros) le kilogramme », explique Abdou Mahaman Laouali, chef du projet de collecte des déchets de téléphone mobile.

Niamey est comme toutes les grandes villes africaines ; on y trouve des centaines de boutiques de vente de téléphones portables. Souvent, de mauvaise qualité et moins couteux, ces téléphones, venant pour la plupart de la Chine, finissent leur vie dans les ateliers de réparations, parce que ne pouvant plus être récupérés.

Une affaire qui ne s’arrêtera pas de si tôt

Le projet de recyclage des déchets de téléphones portables a vu le jour au Niger en 2012. Après 4 ans d’activités, Abdou Mahaman Laouali présente un bilan plus au moins satisfaisant en ce qui concerne la préservation de l’environnement.

« Pendant ces quatre ans d’exercice, nous avons pu faire trois conteneurs. Le premier conteneur qu’on avait expédié en France était de 11 tonnes 622 kilogrammes. Le deuxième, nous avions expédié 12 tonnes 785 kilogrammes, le troisième conteneur que nous avions pu faire récemment en 2016, nous avions pu expédier 14 tonnes 415 kilos. Voilà un peu comment nous menons nos activités », dit-il.

Autrefois, les téléphones portables étaient réservés aux plus aisés, à cause de leur coût exorbitant. Mais aujourd’hui, on estime à plus d’un milliard le nombre des téléphones mobiles qui circulent sur le continent africain.

Ce constat présage une belle perspective pour la pérennisation du projet de recyclage. En effet, des téléphones en panne, il y en aura encore et toujours.

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