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Libérés par des groupes armés centrafricains, des otages camerounais racontent leur calvaire

Libérés par des groupes armés centrafricains, des otages camerounais racontent leur calvaire

Cameroun

Ces otages qui ont été enlevés il y a plus d’un an par des groupes armés centrafricains, dans une région camerounaise frontalière de la Centrafrique, ont regagné le Cameroun le 17 juillet dernier. Lors d’une cérémonie de bienvenue en leur honneur, ils sont revenus sur les mauvais traitements qui leur ont été infligés.

Le rapt d’une quinzaine de Camerounais enlevés une nuit de mars 2015 alors qu’ils rentraient d’un deuil dans l’est du Cameroun, a connu “un dénouement heureux”. Ces mots sont du ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, lors d’une cérémonie au cours de laquelle des membres du gouvernement et une foule chaleureuse accueillaient les rescapés le 17 juillet dernier.

Mais, malgré le bonheur et la chance qu’ils ont eu de retrouver leur pays, ces otages gardent enfoui dans leur mémoire, le calvaire qu’ils ont enduré pendant les seize mois qu’a duré leur enlèvement attribué aux hommes d’Abdoulaye Miskine, chef d’un groupe rebelle centrafricain.

Le maire de Lagdo, qui était de la douloureuse mésaventure, s’en est souvenu avec un brin d‘émotion.

Vous êtes enchainés deux à deux. Vous avez un litre d’eau à partager à deux pendant toute la journée. Vous mangez une fois à 14 heures...

Vous êtes enchainés deux à deux. Vous avez un litre d’eau à partager à deux pendant toute la journée. Vous mangez une fois à 14 heures. Vous ne mangez que le couscous, qui n’est que la farine de manioc. La sauce, c’est le niébé avec les feuilles que nous rencontrions en brousse. Et vous ne pouvez aller aux toilettes qu’à 10 heures et 17 heures.

Des traitements pénibles qui ont eu raison de deux des otages, décédés plus tôt.

Une “intervention discrète mais efficace” du président Paul Biya

L’un des moments les plus épouvantables pour les victimes a sans doute été le compte à rebours lancé par leurs ravisseurs. Ces derniers “donnaient une date buttoir qui était le 31 juillet 2016. Si le gouvernement ne réagissait pas, ils en finissaient avec nous parce qu’ils avaient déjà assez de nous garder”, témoigne Mama Abakai qui avoue ils avaient “perdu espoir”.

Finalement, l‘échéance n’atteindra pas son terme, car le 17 juillet, les 13 otages restants ont été remis en liberté. Le ministre Joseph Beti Assomo a évoqué une “intervention discrète, mais efficace” du président camerounais Paul Biya. Ce dernier, se félicitait d’ailleurs ce mercredi de la libération des otages dans un communiqué.

Toutefois, une épaisse fumée plane encore sur la nature de l’intervention du président camerounais. Le gouvernement ayant affirmé qu’il n’avait versé aucune rançon aux ravisseurs. Aucun des hommes d’Abdoulaye Miskine détenus au Cameroun, n’a non plus été libéré.

Toujours est-il que c’est une page sombre qui se referme pour ces otages camerounais. Amaigris, malnutris et avec des lésions cutanées, leur prise en charge sanitaire est assurée depuis ce mercredi par le gouvernement camerounais. Selon Christophe Nouedoui, directeur de l’hôpital général de Yaoundé où ils sont traités, “ils sont en bon état de conscience et de lucidité”.

Le Cameroun partage plus de 900 kilomètres de frontières avec la République centrafricaine. Depuis l‘éclatement du conflit inter-communautaires en Centrafrique entre 2013-2014, les enlèvements de ce genre se sont multipliés dans la région frontalière de l’est du Cameroun. La situation est relativement calme depuis plusieurs mois.

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