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Les réfugiés Ivoiriens au Ghana ont peur de rentrer

Les réfugiés Ivoiriens au Ghana ont peur de rentrer

Côte d'Ivoire

Cinq ans après le retour de la paix en Côte d’Ivoire, les réfugiés ivoiriens vivant au Ghana ont encore peur de rentrer chez eux.

Malgré les assurances de la communauté internationale sur la situation sécuritaire, beaucoup se montrent encore réticents. Sur les 11.000 réfugiés ivoiriens au Ghana, seuls quatre sont officiellement rentrés dans leur pays depuis la visite à Accra de leur ministre de la Cohésion sociale, Mariatou Koné, qui a pourtant promis que « personne ne sera arrêté à son retour ».

Mais pour la plupart des 2200 réfugiés pro-Gbagbo vivant au camp Egyeikrom, dans le centre du Ghana, pas question de revenir. « Aller en Côte d’Ivoire, c’est aller mourir, il vaut mieux rester ici et attendre le jour de ma mort réelle plutôt que d’aller me faire tuer par les rebelles en Côte d’Ivoire. Je préfère rester ici », soutient Ange-Pelagie Baya, une réfugiée, directrice d’une ONG. « Je suis de l’ouest et ceux qui sont visés aujourd’hui sont les gens de l’ouest. Je n’ai plus de village ni de campement. Tous les rebelles ont occupé le secteur de chez nous. On ne peut pas rentrer à Abidjan. Même au marché, les rebelles sont au marché. Moi rentrer ? Ce n’est pas maintenant tant que le régime de Ouattara est en place. Je suis toujours en asile », explique-t-elle.

Aller en Côte d’Ivoire, c’est aller mourir, il vaut mieux rester ici et attendre le jour de ma mort réelle plutôt que d’aller me faire tuer par les rebelles en Côte d’Ivoire. Je préfère rester ici

Pourtant, la situation dans le camp de réfugiés n’est pas des plus reluisante. La distribution de vivres aux réfugiés a été arrêtée en novembre, alors que le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés n’a reçu que 3 % de l’aide promise par les donateurs, depuis le début de l’année. Mais l’organisme onusien ne compte pas laisser, les déplacés livrés à eux-mêmes. « Le rapatriement du HCR est volontaire, chaque individu évalue la situation et en fonction de cela, ils prennent la décision de rentrer. Notre rôle est de faciliter ça pour s’assurer que nous avons des informations de sources diverses des pays ciblés, afin qu’ils puissent prendre une décision », soutient Nii Ako Sowa porte-parole du HCR au Ghana.

Selon l’agence des Nations Unies, plus de deux tiers des 300.000 Ivoiriens qui ont fui leur pays en 2010 n’ont pas été enregistrés. Et difficile de dire actuellement où ils se trouvent, même si certains affirment que la plupart ont rejoint l’Afrique du Nord et l’Europe. « Nous faisons tout ce que nous pouvons pour relayer les inquiétudes des réfugiés au gouvernement ivoirien et inversement, afin de s’assurer que tout le monde se comprend, et qu’on puisse travailler et avancer, même si je dois dire que, honnêtement, à l’heure actuelle, de nombreux réfugiés ne veulent pas rentrer parce qu’ils ne pensent pas que les conditions sont réunies », déclare Tetteh Padi du Conseil des réfugiés du Ghana.

Le haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a tenu une réunion à Abidjan mardi, pour préparer le retour de tous les Ivoiriens qui ont fui les violences post-électorales entre novembre 2010 et mai 2011.

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