Zimbabwe
Derrière les agitations sociales que subit l’administration Mugabe, il faut y voir la main des ambassades de France et des États-Unis. Ce sont les conclusions qu’a tirées le gouvernement zimbabwéen, à l’issue de plus d’une semaine de troubles sociaux dans le pays.
Ce dimanche, le Sunday Mail, journal gouvernemental qui reprenait le ministre zimbabwéen de l’Intérieur, écrivait dans ses colonnes que “selon les informations de nos services de renseignements, des ambassades occidentales ont été impliquées dans tous ces troubles”.
A en croire le ministre Ignatius Chombo, toujours cité par le périodique, l’ambassadeur des États-Unis Harry Thomas avait rencontré en mai un des organisateurs des récentes protestations, le pasteur Evan Mawarire, 39 ans, et son homologue français, Laurent Delahousse, “aurait rencontré Mawarire à plusieurs reprises”. Selon Harare, il n’y a nul doute que ces échanges aux allures de “complot” se sont faits dans le “cadre de manœuvres visant un changement de régime”, a fait savoir le ministre de l’Intérieur.
Des accusations que balaie du revers de la main l’ambassadeur français Laurent Delahousse. Le diplomate a qualifié de “ridicules” ces allégations et démenti avoir rencontré le pasteur Evan Mawarire. Au-delà, il a recommandé aux autorités zimbabwéennes de “concentrer leurs efforts à travailler pour le bien des gens” et à “enquêter sur les violences policières”.
La grogne sociale qui couve au Zimbabwe depuis l’intensification de la crise économique débutée à l’aube des années 2000, a éclaté la semaine dernière à la suite d’une marche des transporteurs violemment réprimée. Mardi dernier, les fonctionnaires entamaient une grève pour dénoncer le paiement de leurs salaires ; quand le mercredi, un appel à la grève générale avait débouché sur des “villes mortes”. Un fait rarissime dans ce pays dirigé d’une main de fer depuis 36 ans par Robert Mugabe.
Le vendredi, ce dernier avait du reste accusé les puissances occidentales d‘être à l’origine du retard dans le paiement des salaires des fonctionnaires. Une partie d’entre eux a néanmoins été payée mercredi, permettant ainsi de suspendre la grève et de remettre le pays sur les rails.
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