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Le nord-Mali reste instable et vulnérable

Le nord-Mali reste instable et vulnérable

Mali

Un an après la conclusion d’un accord de paix (supervisé par l’Algérie) entre le gouvernement et les rebelles, le Mali a encore du mal à le mettre en œuvre, afin d’‘en finir avec le cycle de soulèvements internes et permettre au gouvernement de lutter contre la menace croissante de l’islamisme radical.

L’accord de paix qui tarde à être appliqué entre les différentes parties en conflit maintient le nord du pays dans le chaos et l’insécurité. La violence s’y poursuit, conduite par des militants islamistes qui ont également mis en scène une série d’assauts au Burkina Faso, au Mali et en Côte d’Ivoire. Pour les analystes politiques, le manque de confiance a causé le ralentissement des initiatives de paix sur le terrain.

La ville de Gao, dans le nord du Mali, largement considérée comme plus sûre, est une base importante pour la force Barkhane anti-terroriste de la France qui opère dans cinq pays du Sahel. Mais les résidents ici disent qu’ils attendent encore de voir des changements sur le terrain car l’insécurité persiste.

“Un an après les accords, rien n’a changé ; sur les routes, c’est l’insécurité, les routes entre Bamako et Gao sont vraiment un calvaire. Nous sommes pressés de voir les dividendes de l’accord de paix, mais on ne voit rien jusqu‘à présent”, a déclaré Moussa Maiga, un résident de Gao.

L’accord signé par les deux protagonistes a été conçu pour apporter la stabilité à la région désertique. Mais cette année, certains des militants liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) ont organisé une série d’attaques très médiatisées au Mali et au-delà.

“Depuis la signature jusqu‘à aujourd’hui, il y a eu beaucoup de choses qui ont été faites sur les papiers et il y a des commissions qui ont été mises en place, mais sur le terrain, les populations n’ont pas encore bénéficié des retombées de cet accord. Il y a une lenteur dans l’application de l’accord”, a déclaré Mohamoudou Djeri Maiga, vice-président du MNLA.

Les Nations unies qui comptent actuellement des troupes sur le terrain sous la bannière de la MINUSMA, ont exprimé leurs craintes de ce que l’impasse pourrait profiter aux groupes djihadistes encore actifs dans la région.

“Il est clair que toutes les parties – il y en a plusieurs : d’abord les signataires, la médiation, la communauté internationale – ne soient pas satisfaites à ce stade de la mise en œuvre de l’accord ; ça c’est un élément extrêmement important, tout le monde aurait aimé que ça aille plus vite”, a déclaré Mahamat Saleh Annadif, le chef de la Mission des Nations unies au Mali.

A Tombouctou, une ville qui est tombée sous le contrôle des rebelles, puis des djihadistes en 2012 avant d‘être reprise par le Mali et l’armée française, la vie a repris son cours, toutefois, le souvenir de l’occupation reste frais et l‘économie a du mal à s’en remettre.

“J’ai beaucoup souffert de la crise passée parce que toutes mes activités sont arrêtées. Avant on amenait les gens un peu partout au Mali et les activités marchaient bien. On se faisait un peu d’argent pour faire vivre nos familles. Mais présentement l’activité est arrêtée à cause de la crise et vraiment, ça va très mal”, a déclaré Abrahamane Maine, un ancien guide touristique de Tombouctou.

“Les occupants ne sont plus là, mais on vit toujours la peur au ventre, parce qu’on n’arrive même pas à sortir. A un kilomètre déjà, tu ne peux pas sortir de cette ville donc vraiment ça ne va pas”, a mentionné Abdoulaye Touré, un enseignant.

L’opposition accuse le gouvernement du manque de progrès.

“Nous avons un gouvernement qui ne semble pas prendre la mesure de la gravité de la situation dans laquelle le pays se trouve. C’est pourquoi il y a un petit coup par là aujourd’hui et un autre coup d’improvisation, on attend que les évènements nous imposent ce qu’il y’ a lieu de faire, alors que nous avons besoin d’un mouvement d’ensemble, d’une démarche globale qui prennent en compte les graves enjeux auxquels le pays est confronté”, a laissé entendre Tieble Drame, à la tête du Parti pour la renaissance nationale (Parena).

Les enjeux d’une mise en œuvre rapide de l’accord de paix sont élevés dans un contexte de multiplication des attaques visant les forces étrangères et locales dans la région. Douze soldats de la paix ont été tués et des dizaines d’autres blessés en mai seulement dans le nord du Mali.

Contacté par Reuters, le gouvernement s’est refusé à tout commentaire.

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