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L'ONU veut en finir avec le Sida, grâce au système « Test and treat »

L'ONU veut en finir avec le Sida, grâce au système « Test and treat »

Etats-Unis

L’ONU, par le canal de l’OMS (Organisation mondiale de la santé), l’une de ses nombreuses organistaions, veut en finir avec le Sida d’ici à 2030. Pour y parvenir, les Nations unies se tournent vers le système « test and treat ».

En d’autres termes, dépister et soigner le plus tôt possible, sans laisser le temps au Sida de se déclarer, ou de se développer. Les CD4, c’est-à-dire les globules blancs, sont mesurés chez les patients depuis l’apparition de la pandémie. Le taux des CD4 varie entre 500 et 1500 chez les personnes en bonne santé, tandis que chez celles atteintes du Sida, les chiffres évoqués baissent pendant que la maladie évolue.

Certains pays ont établi un seuil, à partir duquel les personnes atteintes par la maladie reçoivent ou non des traitements. Pour certains, ce seuil se situe à partir de 200, pour d’autres, 350, pour d’autres encore, 500.
Mais l’Organisation mondiale de la santé préconise un traitement pour toutes les personnes déclarées séropositives, sans que cela aie un quelconque rapport avec leur taux de CD4. Le but étant de réduire le nombre d’infections.

Elisabeth Szumilin, de Médecins sans frontières, nous en donne les raisons : « à partir du moment où le patient est traité efficacement, que sa charge virale (qui est un autre marqueur de la maladie), le nombre de virus qu’il a dans le sang, est indétectable, il a très peu de chances de transmettre. Donc, ils font d’une pierre deux coups : ils traitent le patient et ils espèrent, on espère, que ça va impacter la courbe épidémique. »

Pourquoi avoir mis tant de temps pour le traitement de tous les séropositifs ?

Mais une question se fait entendre : pourquoi est-ce que c’est seulement maintenant que l’OMS recommande de traiter tous les patients déclarés séropositifs ? Trois raisons pourraient expliquer ce « retard ».

D’abord, les études qui mettent en relief l’utilité du traitement permettant de diminuer le risque d’infection sont assez récentes. Ensuite, les médecins originaires d’Afrique australe manquaient cruellement de formation vis-à-vis du Sida. Nombreux sont ceux parmi ces médecins qui ne sauvaient même pas quel comportement adopter face à un sidéen. Cette tendance aurait baissé en intensité de nos jours.

Troisième raison, le nerf de la guerre, c’est-à-dire l’argent. Cindy Kelemi travaille pour Bonela (un réseau d’aide aux malades du sida au Botswana).

Pour elle, « il est impératif que les gouvernements continuent à chercher des financements nationaux pour combler l‘écart créé par la politique du “ test and treat”. Donc, cela a des conséquences financières très importantes pour les Etats. C’est pour cela que nous, la société civile, nous disons qu’il faut avancer, mais aussi mettre en place des solutions durables, car lorsqu’on commence à traiter quelqu’un, on le soigne à vie. Il s’agit à la fois d’argent et de volonté politique. »

Le début du changement des mentalités en Afrique, notamment australe

Des changements sont en train de se faire sentir sur le continent africain. Bon nombre de pays africains s‘évertuent à changer la donne. Il y a à peine quelque jours, le président botswanais a fait savoir que les personnes malades du Sida auraient droit à des traitements dès dépistage de la maladie. L’Afrique du Sud compte emboîter le pas au Botswana d’ici quelques mois.

Le docteur Willy Rozenbaum, co-découvreur du virus du sida, mentionne tout de même qu’au-delà des promesses et de l’euphorie, « il faut améliorer l’offre de dépistage et l’offre de soins. Ce n’est pas simplement une question d’argent, c’est aussi une question de structuration des services de santé. »

Le docteur Rozenbaum souligne aussi la nécessité de « lutter contre les discriminations, la stigmatisation des personnes. C’est important de comprendre que l’enjeu individuel et collectif est dans le nombre de patients traités, mais que pour augmenter le nombre de patients traités, encore faut-il identifier l’ensemble des personnes qu’il y a à traiter. Et donc dépister. »

Dépister serait donc pour l’instant, le mot-clé pour lutter contre cette pandémie. Le dépistage étant l’unique moyen d‘éviter de nouvelles contaminations.

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