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Egypte : nouvelle loi dans le secteur du blé

Egypte : nouvelle loi dans le secteur du blé

Egypte

Les producteurs égytptiens de blé sont désormais dans l’obligation de se munir d’une « carte de possession », preuve qu’ils sont propriétaires de la terre qu’ils exploitent. Au cas échéant, leur blé ne sera pas acheté.

Le but de cette mesure est de lutter contre la corruption qui mine le secteur du blé en Egypte, grand producteur. En juin de l’année dernière, selon le ministère de l’Agriculture, l’Etat égyptien a acheté auprès des producteurs locaux jusqu‘à 5,3 millions tonnes de blé, soit une hausse d’environ 3,5 millions de tonnes par an, lors des années précédentes.

Malgré cela, les producteurs et les minotiers se sont insurgés du fait des anomalies constatées au niveau de leur gain. En effet, ils ont laissé entendre qu’environ 2 millions de tonnes, sur les 5,3 millions achetées par l’Etat sont le fruit d’importation, ou n’existent tout simlement que sur le papier.

C’est pour surmonter ce problème que l’Etat égyptien a pris de nouvelles mesures, qui s’intéressent au système même de son approvisionnement vis-à-vis des producteurs de blé. L’une de ces mesures consiste en l‘établissement de la « carte de possession ».

Pour de nombreux agriculteurs, cette mesure est un problème. Il leur est pratiquement impossible de vendre leur blé, dans la mesure où la « carte de possession » est coûteuse et son obtention met du temps. En Egypte, nombreux sont les agriculteurs qui louent les terres.

Abdel Qader Abdelsalam, producteur de blé : « chaque année, on vendait notre récolte sans aucun problème. On livrait notre production aux installations de stockage. Cette année, ils ne prennent pas notre récolte, ils ne nous paient pas et nos activités sont au point mort. Du coup, nous ne pouvons pas payer les salaires des travailleurs et nous ne pouvons payer pour l‘équipement et nos terres agricoles deviennent infertiles. »

Mais il y a tout de même des producteurs de blé qui apprécient la nouvelle mesure. C’est le cas d’Ali Hassan. Pour lui, « chacun d’entre nous en tant qu’individu a une identité nationale, avec les détails sur qui nous sommes et d’où nous venons. Ce document est fondamentalement une identité nationale pour la terre que je possède. Ainsi, par exemple, si je possède un terrain de plusieurs hectares, le ministère de l’Agriculture me donne un document prouvant que ces hectares sont en mon nom. Ce document représente la superficie des terres à partir desquelles je peux vendre mon blé. »

Pour Abdessalam, une modification de la règle en vigueur est mieux, afin de permettre à tout producteur de vendre son blé. Nombreux sont les producteurs de blé qui, gagnés par le découragement, ont décidé de se tourner vers d’autres cultures.

Abdel Qader Abdelsalam : « ouvrez la vente de blé à tout le monde, et s’ils attrapent des gens qui vend du blé importé, ils devraient être pénalisés, ceux-là qui importent le blé à bas prix et qui privent les agriculteurs de leurs subventions. Ouvrez le marché pour tout le monde, pas seulement pour les commerçants qui monopolisent le marché, qui importent du blé de l‘étranger à des prix bas et qui le vendent au gouvernement comme si c‘était produit localement, et qui gagnent beaucoup d’argent. »

Selon certains analystes, l’Egypte pourrait ne pas atteindre son objectif de quatre millions de tonnes d’approvisionnement en blé par an, forcée d’importer encore plus de blé. Le pays est confronté à une crise du dollar. Celle-ci a entamé sa capacité d’importation.

Avec environ onze millions de tonnes chaque année, l’Egypte est de loin le plus gros importateur de blé au monde.

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