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Togo : les villes côtières en voie de disparition

Togo : les villes côtières en voie de disparition

Des dizaines de villages sur la Côte du Togo sont en voie de disparition. L’érosion engloutit chaque année 5 à 10 mètres du littoral. Les efforts des autorités togolaises pour venir à bout du phénomène restent limités. Dans cet élément, nous vous faisons vivre le calvaire des riverains impuissants face à la montée de l’océan.

Vendredi, jour de pêche à Kpémé, ville située à une trentaine de Km de Lomé, la capitale du Togo. Ici tout comme le long du littoral, la pèche est l’activité principale des populations. Tous ou presque vivent de la mer. Aujourd’hui, la pêche est bonne mais face à l’avancée inquiétante de la mer vers les côtes, les pêcheurs savent que leurs jours ici sont comptés.

« À cause des menaces de la mer, nos frères pêcheurs quittent les côtes. Il y en a qui sont partis au Congo, d’autres au Gabon, à Abidjan et au Benin. Jusqu’à lors, l’avancée de la mer continue toujours. Si rien n’est fait, nous quitterons nous aussi », a déclaré Kossi Agbleta, pêcheur à Kpémé.

Kpémé ainsi que tous les villages du littoral sont menacés par l’érosion. La mer a englouti des villages entiers, des habitations, des écoles  et des cimetières.  Deux routes côtières ont été emportées en 40 ans. La dernière, peu exploitable est rongée par la mer.  
Chaque année, l’océan érode 5 à 10m des côtes togolaises. Les riverains, impuissants face à l’avancée de la mer vivent un calvaire. 

« Il arrive que la mer déborde et rentre dans cette maison. Cela endommage nos constructions. Depuis que le gouvernement a défendu le ramassage des graviers sur les côtes, nos femmes ne s’adonnent plus à cette activité », indique Basile SETO, un autre pêcheur.

Les causes de l’érosion côtière du Togo sont multiples. Les riverains lient la montée de l’eau aux travaux engagés au port autonome de Lomé. Les experts de leur côté estiment que le Togo est confronté à un régime déficitaire du sédiment. Il n’y a donc plus suffisamment de sable pour que les flots des vagues puissent faire de la compensation. Le phénomène est avant tout lié au réchauffement climatique.

« Depuis plusieurs années, les changements climatiques ont pris de l’ampleur dans le monde entier. Ces changements climatiques ont plusieurs impacts dont les inondations précoces, le niveau de l’élévation de la mer, donc ce qui entraine l’érosion côtière, et plusieurs autres conséquences telles que les catastrophes naturelles etc…que nous connaissons dans le monde. Disons que le gouvernement est actuellement en train de mettre en œuvre un programme régional cofinancé par l’UEMOA qui consiste à poser de grosses pierres pour freiner l’avancée de la mer. C’est prouvé que dès qu’on pose ces grosses pierres là, la mer ne peut plus avancer », explique Fabrice kodjo EBEH, un environnementaliste.

Autre mesure palliative, le gouvernement a interdit l’extraction du sable sur les plages. Les professionnels du secteur sont dirigés vers la lagune de Bè.

En dehors du Togo, plusieurs pays du Golfe de Guinée notamment le Nigeria, le Bénin, le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Liberia sont également victimes de l’érosion côtière.