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Un an après le début des violences, les Burundais fuient toujours leur pays

Un an après le début des violences, les Burundais fuient toujours leur pays

Burundi

Il y a un an, le 25 avril 2015, s’intensifiait la crise burundaise. Aujourd’hui, la tension n’a toujours pas baissé et les Burundais continuent de fuir massivement leur pays. Bon nombre d’entre eux se retrouvent dans des camps de réfugiés en Tanzanie voisine.

Burundaise ayant dû fuir les horreurs dans son pays, Suzana Misago vit depuis février dernier dans le camp de réfugiés de Nduta, en Tanzanie, le long de la frontière avec le Burundi. Elle témoigne de l’extrême violence dont sont auteures les milices antigouvernementales qui sévissent dans son pays :

Il était midi et les enfants étaient revenus de l‘école. Ils nous ont trouvés à la maison. Je suis allée à la cuisine chercher la nourriture pour les enfants et quelques minutes plus tard, quelques soldats sont arrivés et ont tourné autour de la cour et ensuite, ils ont tué mes enfants et ont égorgé mon mari. J’ai perdu sept membres de ma famille. Je suis frappée par le chagrin et j’ai parfois l’impression de devenir folle.

Rebelles et troupes gouvernementales s’adonnent aux meurtres

Cette rescapée fait partie des 135.000 Burundais qui ont échappé à la folie meurtrière qui ensanglante leur pays. Chaque jour, l’on note de nouvelles arrivées au camp de Nduta. Tous ont plus ou moins vécu les mêmes traumatismes : tortures, disparitions, assassinats de proches et voisins, arrestations, etc.

J'ai perdu sept membres de ma famille. Je suis frappée par le chagrin et j'ai parfois l'impression de devenir folle.

Manase Gahungu est lui aussi réfugié burundais dans le camp de Nduta. Il y vit avec sa femme et leur fils. Manase déclare que les forces gouvernementales ont tué ses trois frères, lorsque qu’ils passaient tous la frontière. “Ils (les soldats gouvernementaux, NDLR) arrêtaient les gens, les mettaient ensuite en prison et la nuit, ils prenaient certains d’entre eux et partaient les tuer”, a-t-il dit.

Les violences au Burundi ont atteint leur pic en avril 2015, lorsque l’actuel président Pierre Nkurunziza avait pris la décision de se présenter pour un troisième mandat. Il avait dû se heurter à une levée de bouclier de la part d’opposants politiques et d’officiers, qui ont organisé un coup d‘État raté en mai de l’année dernière. Les adversaires de Nkurunziza lui reprochent son non-respect de la Constitution, ainsi que de l’accord de paix d’Arusha, qui avait mis fin à la guerre civile. En juillet dernier, Pierre Nkurunziza a finalement été réélu à la tête du Burundi, pour un troisième mandat.

Selon les chiffres connus jusqu‘à ce jour, plus de 430 personnes ont été tuées au cours des violences qui secouent ce petit pays d’Afrique centrale. 4.300 autres ont été arrêtées.

L’argent fait défaut

D’après un rapport du HCR (Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés), le nombre de réfugiés burundais en quête d’abri dans les pays voisins du Burundi a atteint les 205.000 personnes et pourrait aller au-delà. Le Haut commissariat n’a obtenu que 38 % des fonds nécessaires et tente, avec ses partenaires, de venir en aide aux nombreux réfugiés qui affluent dans les différents camps.

L’organisation onusienne a demandé la somme de 175,1 millions de dollars aux États-Unis, pour apporter une réponse humanitaire au problème des réfugiés cette année. Mais seulement 4,7 millions de dollars ont été débloqués, soit environ 3 % de la somme demandée.

Nous devons prêter attention aux difficultés auxquelles ces réfugiés sont confrontés dans les camps en Tanzanie. Nous ne pouvons pas échouer dans cette mission”, a dit Dost Yousafzai, chef du bureau auxiliaire du HCR de Kibondo, en Tanzanie.

Ce lundi, Fatou Bensouda, la procureure de la CPI (Cour pénale internationale) a décidé de se pencher sur les violences qui ensanglantent le Burundi depuis l’année dernière. Violences qui ont donné naissance à au moins trois groupes armés.

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