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La libéralisation des drogues illicites fait débat à l'ONU

La libéralisation des drogues illicites fait débat à l'ONU

Singapour

Les pays membres de l’ONU sont réunis pour trois jours en session spéciale sur la réponse internationale à donner à la question des drogues. Une session au cours de laquelle de nombreux pays, comme la Norvège, espèrent voir abolir définitivement les sanctions à l’encontre des utilisateurs des drogues illicites.

L’objectif d’un ‘‘monde sans abus de drogues’‘ affiché par l’ONU ne semble pas séduire tous les pays membres de l’Organisation. Nombre d’entre eux (Colombie, Singapour…) ont clairement fait savoir qu’ils n’accepteraient pas d’appliquer cette loi sur la libéralisation des drogues dans leur pays, si elle venait à être adoptée au cours de cette session.

‘‘Nous croyons que les médicaments vont détruire notre société. Montrez-moi un modèle qui fonctionne mieux, offre un meilleur résultat aux citoyens et nous allons envisager d’adopter cette règle. Si ce n’est pas le cas, nous ne le ferons pas.’‘, a martelé K. Shanmugam, ministre des Affaires étrangères de Singapour.

Contrairement à Singapour, les délégués de plusieurs États européens prônent l’utilisation des drogues illicites et une approche plus humaine de la lutte contre les stupéfiants. Il faudrait selon eux que soit adoptée la loi sur l’abolition de la peine de mort pour les crimes liés à la drogue.

‘‘Le gouvernement du Danemark regrette profondément que le document final ne traite pas l’abolition de la peine de mort pour les crimes liés à la drogue ; le Danemark est opposé à ce genre de peine de mort.’‘, a défendu Sophie Lohde, ministre de la Santé du Danemark.

“Faire passer l’humain d’abord signifie des approches équilibrées qui s’occupent de santé et de droits de l’Homme et promeuvent la sûreté et la sécurité de toutes nos sociétés.”, a dit Yuri Ferodov, directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, en réaffirmant que “l’accent mis sur la santé et le bien-être de l’humanité est l’objectif fondateur des conventions internationales sur la drogue”.

Certaines grandes puissances comme la Russie ont déclaré se méfier de la tendance à la légalisation des drogues et désapprouvent les mouvements de défenses des États américains, qui luttent pour la légalisation de l’utilisation de la marijuana.

La santé au centre des débats

Aucune décision importante ne sera adoptée cette semaine. Le mot d’ordre de cette session est de remettre les “solutions humaines” au cœur du débat. En opposition à un “monde sans drogues”, l’assemblée a posé l’objectif d’un monde “sans abus de drogues”. Mais déjà, les défenseurs de la dépénalisation regrettent que le plan de travail préparé le mois passé en commission continue de supporter une approche criminalisant l’usage des drogues récréatives.

Des réponses sur les dangers de la drogue sur la santé ont été brandies par quelques-uns des États présents, qui estiment que les drogues continuent de représenter un réel danger en termes de santé publique (notamment via la transmission de virus, ou les troubles de santé mentale qui peuvent accompagner leur consommation). La lutte contre ces mêmes drogues a aussi contribué à son lot de dérives et de conséquences dramatiques.

La dernière rencontre de ce type a eu lieu en 1998. Elle avait débouché sur la continuation d’une ligne prohibitive et dissuasive. La communauté internationale, qui y avait alors fait le vœu pieux d’un “monde sans drogue” pour 2008, est aujourd’hui bien obligée de considérer l’ampleur de son échec : les drogues font toujours partie de ce monde, malgré les milliards dépensés pour s’en débarrasser.

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