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Nigeria : la crise financière perdure

Nigeria : la crise financière perdure

Nigéria

Le Nigeria ne sollicite pas l’aide financière du Fonds monétaire international, parce qu’il n’est pas malade. Ces propos sont ceux de Kemi Adeosun, la ministre nigériane des Finances. Elle s’est exprimée ce vendredi à Washington, au cours d’une réunion-débat organisée par le FMI et la Banque mondiale. Mais en réalité, la première puissance économique du continent africain traverse une crise financière d’envergure.

“Le Nigeria n’est pas malade. Nous avons notre propre remède local. “, a dit la ministre. Son porte-parole, Festus Akanbi, a tenté d’expliquer les propos de sa patronne, prétextant qu’elle a apporté “une réponse apparente à une question sur le refus du gouvernement de solliciter des prêts de la part du FMI”.

Le Nigeria est durement frappé par la chute vertigineuse des prix du brut, qui assure environ 70 % de son revenu. La croissance nigériane a augmenté d‘à peine 2,8 % en 2015, sa plus lente progression depuis des décennies. Le niveau annuel de l’inflation a augmenté ces quatre dernières années, pour se retrouver à 12,8% en mars dernier. Ce même mois, le Fonds monétaire international prévoyait une réduction de la croissance du produit intérieur brut du Nigeria. Le FMI tablait sur un ralentissement du PIB à 2,3 % en 2016, espérant en même temps que les limites du taux de change imposées par la première puissance économique d’Afrique seraient levées.

La menace de la dévaluation du naira plane

De son côté, la Banque centrale du Nigeria a refusé de dévaluer le naira, la monnaie nationale. Selon un sondage de Reuters réalisé cette semaine, le manque de dollar sur les marchés nigérians pourrait conduire à la dévaluation du naira en septembre prochain.

La Banque mondiale et le Nigeria sont en discussions, qui pourraient finalement déboucher sur un prêt de la première citée. Mais ce prêt sera lié à une réforme de la politique nigériane. A ce propos, Kemi Adeosun se veut rassurante : “nous avons résolu de sécuriser l‘économie du pays pour nous protéger contre les chocs pétroliers futurs. Nous faisons une combinaison des choses afin de diversifier notre économie.”

Le géant africain, qui visiblement veut sortir de sa dépendance au pétrole, envisage de stimuler les revenus non-pétroliers de 87 %. Il s’agit ici de compenser l’impact de la récession pétrolière et aussi de booster les revenus fiscaux de 33 %, en répertoriant les petits commerçants, qui sont désormais sommés de payer les impôts.

Muhammadu Buhari, le président nigérian, prévoit un budget de 30,6 milliards de dollars (un budget jamais voté dans ce pays), pour augmenter le niveau de l‘économie de son pays. Mais il devra d’abord passer devant le Parlement pour faire adopter ce budget-record.

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