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La Tunisie de nouveau secouée par une contestation sociale

La Tunisie de nouveau secouée par une contestation sociale

Tunisie

Nouvelle vague de tension en Tunisie. Cette fois, c’est l‘île de Kerkennah, dans le centre-est du pays, qui est secouée par une vive contestation sociale contre une société pétrolière britannique.

Les affrontements ont duré jusque tard dans la nuit de jeudi à vendredi, ont indiqué des sources policières citées par l’AFP. Les violences ont éclaté dans la journée devant le port de Sidi Youssef et sur une route menant vers la localité de Melila, lorsque des dizaines d’habitants de l‘île de Kerkennah, dans le centre-est du pays, tentaient de s’opposer à l’entrée dans l‘île d’une société pétrolière britannique, Petrpac, dont ils dénoncent les activités.

Pour manifester leur colère, les résidents ont érigé des barrages à travers l‘île à l’aide de troncs d’arbre et de blocs de pierres, obligeant la police à faire usage de gaz lacrymogène pour les disperser et frayer un passage pour les camions. D’après des sources policières, les affrontements ont obligé les camions à emprunter une piste pour sortir du port, sous escorte des forces de l’ordre.

Cette intervention des forces de l’ordre est dénoncée par plusieurs habitants de la localité, qui parlent d’une réaction « disproportionnée ». « Elles se comportent avec nous comme si nous n‘étions pas Tunisiens. Les compagnies pétrolières exploitent nos richesses et ne nous donnent rien », s’emporte Salah, un protestataire.

Selon des journalistes de l’AFP sur place, la situation est restée encore tendue ce vendredi matin. Une radio locale, qui a cité des sources hospitalières, informe que les affrontements ont fait huit blessés dont cinq policiers. Pour sa part, le ministère de l’Intérieur n’a pas fait état d’arrestation mais a dénoncé dans un communiqué les « violences » perpétrées par les manifestants, et assuré que la dispersion s‘était déroulée « dans le cadre strict de la loi, avec un usage graduel de la force ».

C’est la deuxième manifestation dispersée par la police, après un sit-in tenu mi-janvier par des habitants de l‘île qui protestaient contre la perspective d’une remise en cause d’un accord salarial entre la société Petrofac et l‘État tunisien. Cette manifestation est le symbole de la tension permanente qui règne en Tunisie – secouée par de fréquents mouvements sociaux depuis la révolution de 2011, qui a mis fin aux 23 ans de règne de Zine el Abidine Ben Ali – et largement motivée par la misère et le chômage. En janvier, le décès d’un jeune chômeur lors d’une manifestation à Kasserine, dans le centre défavorisé, avait provoqué la pire contestation sociale dans le pays depuis la chute du régime Ben Ali.

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