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Soudan du Sud : les troupes rebelles rejoignent la capitale

Soudan du Sud : les troupes rebelles rejoignent la capitale

Sud-Soudan

Peut-être une décrispation dans la crise au Soudan du Sud. Les troupes rebelles de l’ancien vice-président Riek Machar ont commencé à rejoindre la capitale Juba, dans le cadre d’un nouvel accord visant à mettre fin à deux années de conflit armé.

Ils sont des dizaines de soldats des forces du SPLM-IO, y compris les commandants supérieurs, à avoir déjà rejoint Juba au cours de ces deux dernières semaines. Ils ont été reçus par des responsables gouvernementaux. Ce déploiement des troupes fidèles à l’ancien vice-président Riek Machar est le premier depuis décembre 2013, début de l’escalade de violences opposant les troupes fidèles au président Salva Kiir à celles de son adjoint limogé. Le porte-parole du gouvernement, Michael Makuei, a déclaré que cela marquait le début de la mise en œuvre réelle de la paix et ouvrirait la voie pour le retour de Machar, qui a été renommé vice-président par son rival, le président Salva Kiir, en février dernier. « L’arrivée de ces officiers et à partir de l’arrivée des forces demain, et après – demain, cela signifie que le vice-président pourrait venir à Juba à tout moment à partir de maintenant, » a déclaré Taban Deng Gai, négociateur en chef du SPLM-IO.

Ce déploiement des forces rebelles dans la capitale entre dans le cadre d’un accord sensé mettre fin à deux années de conflit armé. Mais certains analystes restent très prudents sur l’issue de ce déploiement des rebelles dans la capitale. Pour certains, comme le Dr Synday Okello, professeur associé à l’Institut de l’Union africaine de Paix et de sécurité, ce retour des troupes de Riek Machar ne garantit pas forcément la fin de la guerre. « Nous ne devrions pas seulement nous laisser convaincre que le retour de Riek Machar est le retour du second Messie pour mettre fin à tout ce désordre. Non ! Nous aurons encore des problèmes au Soudan du Sud, peut-être qu’ils pourront être contenus. », pense-t-il.

« Ils doivent commencer à se faire de nouveau mutuellement confiance »

Le Dr Synday Okello met en avant les multiples discordes entre les deux parties et leur incapacité à harmoniser leurs positions, pour justifier son pessimisme. « Nous les avons vu travailler ensemble, nous avons vu leur désaccord au point où ils sont entrés en guerre. Nous avons vu leurs désaccords, même pendant les pourparlers. Nous les avons vus de très près, ils ont des troupes qui sont encore derrière eux. », souligne-t-il. Pour lui, un retour de la paix ne sera possible que si les deux parties acceptent de discuter avec plus de sincérité. « Ils doivent commencer à se faire de nouveau mutuellement confiance et la confiance devrait se gagner, il ne s’agit pas juste de signer sur un papier. Ils doivent s’asseoir ensemble et commencer à dire ‘‘ça suffit’‘, se regarder dans les yeux et dire, ‘ nous avons tué, nous avons tous fait de mauvaises choses à notre peuple, il est temps d’avancer et de commencer un nouveau chapitre dans nos vies et dans l’histoire politique de ce pays. S’ils le font, je dirais que oui, il y a une possibilité pour le Soudan du Sud. », poursuit-il.

Un espoir de paix malgré tout

Quoi qu’il en soit, l’arrivée des rebelles à Juba nourrit l’espoir d’une fin du conflit qui oppose depuis décembre 2013 Salva Kiir à Riek Machar. Un conflit qui a fait des milliers de morts et près de deux millions et demi de déplacés. La guerre a également dévasté l‘économie du pays essentiellement basée sur la production pétrolière. En février, l’ONU avait prévenu que les belligérants étaient encore en train de tuer, procédant à l’enlèvement, forçant le déplacement de civils et détruisant des biens, malgré la rhétorique conciliante de Kiir et Machar. Un rapport des Nations Unies a même indiqué que les deux dirigeants sont passibles de sanctions pour atrocités commises au cours du conflit.

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