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Le Congo au ralenti

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Au congo, l’opposition a appelé ce mardi à une journée de ‘‘villes mortes’‘ sur l’ensemble du territoire national. Une action qui vise à protester contre la victoire du président Sassou Nguesso au premier tour de la présidentielle du 20 mars dernier. Un appel diversement appréhendé.

Les rues de plusieurs villes congolaises étaient assez désertes ce mardi. L’appel de l’opposition à observer des ‘‘villes mortes’‘ mardi pour contester la réélection du président Sassou Nguesso au premier tour de la présidentielle du 20 mars dernier aura été diversement suivi par les populations. À Pointe-Noire notamment, bastion de l’opposition, la circulation était assez fluide dans certains quartiers périphériques comme Tié Tié ou au Grand marché où beaucoup de boutiques sont restées fermées.

À Brazzaville, l’appel aura été suivi principalement dans des quartiers acquis par l’opposition, notamment Bacongo et le marché total, où la vie semblait s‘être arrêtée le temps de cette journée. ‘‘Aujourd’hui tout est vraiment mort, même le marché ne fonctionne pas et la circulation, pareille. Là, je viens de la maison et je ne suis pas parti au boulot à cause de ça’‘, a déclaré All, commerçant au marché Total.

‘‘Si vous voyez aujourd’hui la ville morte c’est parce que ça ne marche pas depuis que l’on a voté le dimanche passé jusqu’à aujourd’hui. En tout cas, rien ne marche. Nous lançons un message aux autorités congolaises, y compris celles de l’Europe, de s’assoir afin de trouver un compromis parce que la population souffre, la population ne peut pas rester toujours comme ça’‘, explique Arlény, lui aussi commerçant au marché Total.

Cette première action pacifique, organisée par Guy-Brice Parfait Kolélas (arrivé deuxième avec plus de 15 % des voix, selon le décompte officiel), le général Jean-Marie Mokoko (troisième avec près de 14 %), Claudine Munari, André Okombi Salissa et Pascal Tsaty Mabiala vise à amener le peuple congolais à ‘‘exercer pleinement sa souveraineté’‘.

La déclaration du ‘‘25 mars’‘

Cette journée de “villes mortes” inscrite dans la déclaration du 25 mars ratifiée par ces cinq candidats de l’opposition, sera suivie de grèves, meetings, et marches pacifiques jusqu’au “respect des urnes”, mentionnent-ils.

Claudine Munari la présidente du Mouvement pour l’unité, la solidarité et le travail (MUST) ne compte pas s’arrêter là. ‘‘C’est une première. Nous mettrons en place d’autres actions, a t-elle expliqué. Cette fois-ci, c’est une “ville morte”, on reste chez nous. Cela veut dire qu’il n’y a personne dans les bureaux, personne ne travaille. Nous évaluerons les résultats de cette journée “ville morte” et nous continuerons les actions pour arriver à faire reconnaître les vrais résultats de l’élection présidentielle’‘, a-t-elle souligné.

Le parti au pouvoir n’a pas manqué de dénoncer les méthodes utilisées par l’opposition, estimant que cette dernière devrait plutôt saisir la Cour constitutionnelle et attendre que cette dernière se prononce sur la validité des résultats de l‘élection. Un avis partagé par la Commission électorale qui a demandé à l’opposition de contester les résultats par voies légales, sans appeler à la désobéissance civile.

Le ministère de l’Intérieur devrait déposer ce mardi les résultats officiels à la Cour constitutionnelle, qui aura alors 15 jours pour les valider ; période pendant laquelle les signataires de la “déclaration du 25 mars’‘ pourront déposer leurs recours. C’est-à-dire jusqu’au 7 avril 2016.

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