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RDC : les familles des victimes de la fosse commune de Makulu réclament toujours justice

RDC : les familles des victimes de la fosse commune de Makulu réclament toujours justice

République démocratique du Congo

19 mars 2015-19 mars 2016. Voilà maintenant un an jour pour jour (dans la nuit du 18 au 19 mars) que les forces de sécurité congolaises ont enterré des corps dans une fosse commune à Makulu, aux abords d’un cimetière.

Selon nos confrères de RFI (Radio France Internationale) le gouvernement congolais a avancé le nombre de 421 corps enfouis à cet endroit. Il s’agit (selon le gouvernement) d’indigents, de personnes issues de familles pauvres et n’ayant pas les moyens de leur offrir des funérailles adéquates. Mais aussi, de cadavres non identifiés ou des bébés mort-nés.

Mais la communauté internationale et les défenseurs des droits humains ne sont pas en phase avec cette version du gouvernement congolais. En effet, plusieurs personnes avaient disparu lors des manifestations de janvier 2015, qui avaient vu se déployer l’opération de police du nom de Likofi. Des familles de disparus avaient à l‘époque décidé de porter plainte et continuent de réclamer justice. L’opération Likofi avait débuté en février 2014 et a fait, selon Human Rights Watch, 80 morts ou disparus. L’ONU pour sa part parle d’au moins 41 morts.

« Quand ils sont venus, ils ont cassé cette vitre-là et aussi la porte là-bas. Ça me fait très mal, c’est mon fils ! Je l’ai porté neuf mois dans mon ventre. Mon fils, je ne sais même pas où il est. Toutes les nuits je pleure, pour qu’ils me rendent mon fils », s’indigne une femme dont le fils a disparu dès le début de cette opération de police. Cette mère a cherché son enfant dans tous les endroits possibles (notamment les prisons et les morgues), avant d’apprendre l’existence de cette fosse commune de Makulu. Ce qui ne fait qu’aggraver sa peur et ses craintes.

Toutes les nuits je pleure, pour qu’ils me rendent mon fils.

« Parce qu’on ne sait pas où il est. On croit qu’il est là-bas… Il est là-bas, on l’a enterré là-bas. C’est le gouvernement qui l’a arrêté et qui a fait disparaître mon petit. Donc le gouvernement est obligé de faire quelque chose. Je demande que la justice soit là » , martèle une homme qui lui aussi est à la recherche d’un proche : son petit frère de 12 ans, disparu pendant les manifestations de janvier 2015. Cet homme, ainsi que les familles des disparus, réclament que les corps de Makulu soient exhumés et que justice soit faite.

Pour le bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme et Human Rights Watch, une enquête est nécessaire, afin de permettre aux familles des disparus de tourner enfin la page.

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