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Fraudes électorales en Afrique : l'UE interpellée

Fraudes électorales en Afrique : l'UE interpellée

Fraudes électorales

Treize associations et partis politiques africains et français constatent que Bruxelles ne semble pas s’intéresser à la qualité de la démocratie dans ses relations avec certains gouvernements africains.

La politique européenne en Afrique tend-elle à mettre la nécessité de transparence du processus électoral entre parenthèses ? Le Collectif de solidarité avec les luttes sociales et politiques en Afrique répond globalement par l’affirmative. Les treize associations et organisations politiques ont signé une lettre ouverte adressée à la Haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, ce 9 mars afin d’attirer son attention.

Les signataires s‘étonnent de la continuité de l’aide européenne à certains pays dont les dirigeants “ont enlevé aux processus électoraux leur valeur démocratique […], et en amont du scrutin, ont rendu impossible toute alternance”. Dans le viseur des rédacteurs, la République du Congo, le Tchad et Djibouti ; où estiment-ils, “les démocrates sont en grande difficulté”. Autre point commun : ces pays doivent tenir des élections présidentielles dans les prochains mois, voire les prochaines semaines.

Le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) a fait savoir le 19 février dernier que l’UE n’enverrait pas d’observateurs aux élections présidentielles du 20 mars au Congo-Brazzaville. La raison ? La crédibilité des résultats du vote n’est pas assurée, avait indiqué le porte-parole du SEAE. Cette prise de position est-elle suffisante lorsqu’on sait que les Européens soutiennent des programmes locaux en vue d’améliorer la qualité des élections ? Pour le collectif, il faut faire plus. Elle stigmatise la “faiblesse de la diplomatie internationale” qui reste monopolisée par la situation en République démocratique du Congo et les risques de génocide au Burundi, au détriment du Congo “laissé à son sort”.

Démocratie ou sécurité ?

Le manque de rigueur dans les relations que Bruxelles entretient avec le Tchad est également dénoncé. Même si des progrès ont été réalisés grâce à la coopération européenne, notamment en ce qui concerne l’introduction de la biométrie électorale, les organisations signataires regrettent une batterie de reculades. Les manifestations d’opposants restent interdites de fait dans le pays et la répression est omniprésente, remarquent les associations. La Commission électorale nationale indépendante est dominée par le pouvoir.

>>> LIRE AUSSI : Au Tchad, la journée ville morte a été suivie

Après 25 ans de pouvoir, Idriss Déby est candidat à sa propre succession après avoir fait sauter le verrou constitutionnel. Pouvait-il en être autrement lorsque l’homme fort du pays est ouvertement soutenu par la France pour son engagement au Mali dans la lutte contre les Islamistes, s’interrogent les rédacteurs du rapport.

Le collectif indexe enfin le Djibouti où la prochaine présidentielle doit se tenir en avril prochain. Une élection à laquelle Ismaël Omar Guelleh, le président sortant en poste depuis 16 ans, se représente. L’UE est ici accusée de ne pas mettre une pression suffisante sur les autorités pour qu’elles appliquent les accords politiques nés de négociations imposées avec l’opposition depuis décembre 2014. La faute à la nécessité dans laquelle se trouve l’Europe de mener des actions militaires contre la piraterie maritime au large des côtes somaliennes, suggèrent les signataires.