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Polémique autour du nouveau nouveau budget sud-africain

Polémique autour du nouveau nouveau budget sud-africain

Afrique du Sud

Ce mercredi, au Cap, Pravin Gordhan, le ministre sud-africain des Finances présentait le nouveau budget. Un budget au goût d’austérité contre lequel des parlementaires pourraient brandir le poing.

Ce nouveau budget prévoit des augmentations d’impôts et une réduction des dépenses publiques. L’impôt sur le revenu ne connaîtra pas d’augmentation, mais celui sur la richesse pourrait subir une hausse. Aussi, une augmentation des taxes sur certains produits comme l’essence et le tabac est en vue. Ce qui devrait rapporter 18 milliards de rands (1,07 milliard d’euros). L’objectif est de prévenir une dégradation de la note de la dette sud-africaine.

Il faut dire en effet que le géant sud-africain ne se porte pas bien économiquement parlant. Une croissance en dessous de 1 % pour 2016, un quart de la population au chômage et une forte dépréciation du rand (la monnaie nationale) ces douze derniers mois, n’arrangent pas les choses.

“Nous ne pouvons pas dépenser l’argent que nous n’avons pas. Nous ne pouvons pas emprunter au-delà de notre capacité de remboursement. Jusqu‘à ce qu’on puisse raviver la croissance et générer plus de recettes, nous devons être durs avec nous-mêmes.”, a dit le patron des Finances face aux parlementaires, au Cap. Aux dires de M. Gordhan, la priorité de ce budget est de stabiliser la dette à “46,2 % du PIB en 2017/2018”. Il a aussi révélé que le rand a perdu 2,25 % de sa valeur face au dollar et à l’euro.

Au cours de son intervention au Parlement, Pravin Gordhan a essayé de jouer la note équilibriste. Ainsi, le patron des Finances a-t-il tenté de contenter à la fois les marchés financiers et le gouvernement. Evitant de prononcer le mot “privatisation”, M. Gordhan a émis le souhait de voir se réaliser une meilleure collaboration entre les secteurs public et privé en vue de booster la croissance. Une croissance qui subit de plein fouet le ralentissement de la demande chinoise, la chute des cours des matières premières et la grave sécheresse qui frappe le pays.

Le secteur public gravement menacé

Le secteur public sud-africain souffre gravement de la crise. Des entreprises comme la compagnie aérienne South African Airways (SAA) pourraient bénéficier de l’apport de l’expertise et surtout, du financement privé. Le gouvernement va de ce fait étudier une fusion entre SAA et sa filiale SA Express “avec la possibilité de faire participer un actionnaire minoritaire”, a dit le ministre.

Les difficultés qui minent le secteur public pourraient aboutir à des suppressions d’emplois. En effet, le plafond des dépenses publiques sera abaissé de 25 milliards de rands (1,48 milliard d’euros) sur les trois prochaines années. Cela passera par la suppression d’emplois au sein de la fonction publique. Cette mesure permettra, aux dires de M. Gordhan, de compenser une hausse de 16 milliards de rands (950 millions d’euros) pour l‘éducation supérieure, afin de trouver une “solution aux demandes des étudiants concernant les frais de scolarité et le logement”. Les frais universitaires de 2016 des étudiants sud-africains avaient été gelés l’année dernière, suite à des manifestations.

La société Ficht (agence de notation financière internationale) avait dégradé d’un cran la note de l’Afrique du Sud à BBB – un échelon seulement au-dessus des catégories spéculatives, en raison notamment de la faible croissance – en décembre dernier.

Cependant, la tâche ne s’annonce pas facile pour l’argentier de l’Etat sud-africain. Il aura fort à faire face à l’aile dure de l’ANC (parti au pouvoir), qui a toujours été contre les privatisations. Les parlementaires se prononceront bientôt sur la question et la difficulté réside particulièrement dans le fait que l’ANC est majoritaire au Parlement.

C’est dans cette atmosphère surchargée que se préparent les municipales, qui auront lieu dans quelques mois.

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