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Niger : la CENI réagit aux accusations de fraude

Niger : la CENI réagit aux accusations de fraude

Niger

Après le rejet par les partis d’opposition des premiers résultats de l‘élection présidentielle au Niger, la commission électorale a appelé au respect de la primauté du droit.

En attendant les résultats globaux ce jeudi soir, quelques opposants nigériens ont qualifié de frauduleux les résultats provisoires communiqués par la CENI qui donnent Mahamadou Issoufou vainqueur avec 40,18 % des voix contre 29% pour Hama Amadou, son principal rival.

Plusieurs voix se sont en effet soulevées contre les chiffres présentés par la CENI, accusée “d‘être à la coupe du pouvoir en place”.

Lors d’un point de presse mercredi soir, le porte-parole du parti PNPD AKAL-KASSA a évoqué des exemples présumés de cas de fraude survenus lors de ce scrutin.

“Les urnes ont été interceptées à 21 km au sud-ouest de Tamaya dans la vallée Mirikni par un groupe de bandits sous la menace et une tentative de corruption. Devant le refus des présidents des bureaux de votes, les bandits (des militants du PNDS, le parti au pouvoir) formellement reconnus et identifiés, ont bourré les 18 urnes et signé les procès-verbaux avant midi. Notre parti s’est rendu sur les lieux pour constater les faits”, a-t-il accusé, précisant disposer de preuves matérielles pour appuyer ses dires. Il a ajouté qu’ il y avait très peu d’observateurs nationaux et internationaux pour surveiller le déroulement de cette échéance électorale.

Pratiquement au même moment, c‘était Sanoussi Jackou, ténor de la scène politique nigérienne et membre de la majorité présidentielle, qui corroborait les allégations de fraude.

Les retards enregistrés dans plusieurs bureaux de vote à travers le pays, le jour initial du scrutin, dimanche 21 février ont alimenté les soupçons par la suite émis par l’opposition. Suite à des problèmes d’organisation, le vote avait été prolongé de 24 heures dans certaines régions où les électeurs n’avaient pas pu déposer leur bulletin dans l’urne à temps.

Les régions ont dit avoir été ralenties par les retards accumulés au niveau des communes. Rien qu‘à Niamey, plusieurs cas compliqués se posaient encore mercredi soir : la disparition des résultats d’un bureau, ou encore un litige sur 2 000 voix.

Néanmoins, pour les responsables de l’organe en charge des élections, les contestataires doivent suivre la procédure prévue pour ce cas de litiges. “Nous ne contrôlons pas le processus de contestation des élections. S’ils remarquent que les chiffres qui sont annoncés ne correspondent à ceux qu’ils détiennent, ils savent à qui s’adresser et ils peuvent même saisir le juge électoral. Je ne peux pas confirmer leurs accusations. Mais je leur conseillerai de suivre la procédure prévue pour ce genre de litiges et de respecter le processus démocratique “, a déclaré Maikoul Zodi, membre de la commission électorale.

Ce jeudi, Seyni Oumarou, candidat du MNSD et chef de file de l’oppositon, a adressé un courrier au président de la CENI appelant notamment à la suspension du site internet de l’organe et à la mise en place d’un comité paritaire de vérification du décompte des voix.

Si aucun candidat ne recueille les 50 % de voix requis pour gagner au premier tour, les deux candidats ayant obtenu le plus de votes seront confrontés à un second tour le 20 Mars prochain.

La campagne électorale avait été marquée par plusieurs polémiques portant aussi bien sur la tenue du scrutin, le contenu du fichier électoral, que la candidature de Hama Amadou, ancien président de l’Assemblée nationale inculpé par la justice pour son implication présumée dans un trafic de bébés nigérians.

Par ailleurs, l’actuel président nigérien avait été accusé de chercher à réprimer la dissidence et d’ordonner l’arrestation de partisans de l’opposition durant la période précédant le vote.

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