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Ouganda : l'opposant Besigye arrêté puis libéré

Ouganda : l'opposant Besigye arrêté puis libéré

Ouganda

La tension s’accentue au premier jour de l‘élection présidentielle en Ouganda. Ce jeudi, le candidat et principal opposant Kizza Besigye a été arrêté puis relaxé après seulement quelques heures.

Kizza Besigye, tête de proue de l’opposition ougandaise a été arrêté ce jeudi en début d’après midi. Le chef du Forum pour le changement démocratique (FDC) aurait été arrêté alors qu’il affirmait avoir découvert une mascarade électorale montée par le NRM, le parti de son principal rival, le président Yoweri Museveni. Une version que rapporte Shawn Mubiru, un membre du FDC. “Il [Kizza Besigye] était dans la circonscription, où il a voté, quand il a reçu des informations selon lesquelles il y avait un centre illégal de décompte des voix géré par le NRM (le parti au pouvoir) et la police”. “Il est entré et a vu des bulletins de vote pré-remplis. Ils l’ont arrêté et l’ont emmené dans un endroit inconnu”, a ajouté Shawn Mubiru. Les médias locaux ont repris l’information, précisant que cette maison soupçonnée de servir de centre de trucage des élections était à Naguru, un quartier du nord-est de Kampala.

Quelques heures après cette arrestation, M. Besigye a été remis en liberté. “Il a été libéré sans être inculpé et ramené chez lui”, a déclaré Ladislaus Rwakafuzi un de ses avocats. L’ambassade des Etats-Unis en Ouganda a condamné l’interpellation du candidat Besigye au cours d’une conférence de presse.

C’est la deuxième fois cette semaine que Kizza Besigye, opposant historique de Yoweri Museveni est arrêté. Lundi, il avait été interpellé alors qu’il était en pleine campagne à Kampala. Les forces de sécurité l’accusaient alors de troubles à l’ordre public. Cette interpellation avait suscité le courroux de ses sympathisants qui étaient descendus dans les rues, exigeant sa libération immédiate. Ce jour-là également, le patron du FDC avait été relâché.

L‘élection présidentielle en Ouganda suscite de vives inquiétudes selon des observateurs de la vie politique du pays. Une situation volatile qui s’est renforcée durant la campagne électorale. La presse et des leaders de l’opposition ont dénoncé des atteintes à la liberté d’expression. Des accusations dont se défend le gouvernement. Il y a une semaine, ce sont les organisations des droits de l’Homme qui s’inquiétaient des propos haineux tenus durant la campagne électorale par certains responsables politiques.

Premier tour catastrophique

Malgré les assurances du pouvoir, la journée électorale de jeudi n’a pas particulièrement été paisible. Opposant arrêté, médiax sociaux bloqués, électeurs frustrés et en colère, bureaux de vote ouverts avec des heures de retard… Dans certaines régions, des électeurs ont dû attendre jusque dans l’après-midi pour pouvoir voter. Des retards que le chef de la mission d’observation du Commonwealth, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo a qualifié d’“absolument inexcusables”.

Ces insuffisances ont attisé la colère des électeurs dans certains coins du pays comme dans le quartier de Gbaba, dans le sud de Kampala où la police a dû user de gaz lacrymogène pour disperser la foule furieuse.

Pour sa part, l’autre challenger du scrutin, l’ex-Premier ministre Amama Mbabazi s’est interrogé sur la crédibilité de ce scrutin. “Le fait que le scrutin ait commencé si tard et que certains des électeurs aient été privés de leur droit de vote soulève la question : cette élection va-t-elle être crédible et avoir une quelconque signification?”, a-t-il feint de s’interroger.

L‘élection présidentielle en Ouganda de 2016 est l’une des plus serrées de l’histoire du pays. Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 30 ans, affronte de serieux challengers parmi lesquels son opposant historique, Kizza Besigye. Même si le président sortant peut se prévaloir d’avoir une bonne côte auprès d’une frange de la population, notamment dans les campagnes et chez les fonctionnaires, il doit toutefois faire avec la popularité de plus en plus croissante de son ancien medécin personnel, Besigye. Ce dernier jouit de fait d’une réelle popularité auprès des plus jeunes.

Les premières tendances du scrutin sont attendues dans les 48 heures.

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