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Ouganda : le choix de la continuité ou du changement

Ouganda : le choix de la continuité ou du changement

Ouganda

Les Ougandais iront aux urnes ce jeudi 18 février pour choisir leur Président de la république. Près de 15 millions d‘électeurs sont attendus dans les bureaux de vote.

Les joutes électorales constituées d’arrestations et de nombreuses accusations d’intimidation portées contre le gouvernement ne sont pas nouvelles dans le pays, mais ces derniers jours ont été décrits comme les plus violents depuis le début du processus il y a trois mois. Néanmoins, des observateurs de la vie politique ougandaise notent quelques changements encourageants.

En effet, dans un rare exercice, le président Yoweri Museveni a pris part au débat télévisé en Ouganda pour la première fois, bien qu’il ait boycotté le premier RDV avec les autres candidats. Il avait alors évoqué des raisons d’ État.

La présence du président a été perçue comme une évolution dans la vie politique et c’est en toute convivialité que Museveni a serré la main de ses adversaires politiques avant le début du débat.

J'ai des doutes que le changement passe par la voie des urnes, le système institutionnel et le cadre légal en place ne le permettent pas.

La question du changement est beaucoup revenue, mais rien ne se fera d’un coup de baguette magique. Le chef de l’Etat sortant a encore de nombreux soutiens au sein de la population. Certains pensent que ses années au pouvoir sont synonymes de stabilité et de sécurité.

“Je soutiens Museveni parce qu’il y a la sécurité. Il nous a apportés la sécurité, la paix et il a la main sur son armée”, a déclaré Fabian Tuhumwire.

“Les personnes qui travaillent pour le gouvernement sont bien payées et bien entretenues. Moi, j’ai étudié sous le régime Museveni, il a payé mes études, m’a donné un emploi, je suis très bien payé, de quoi aurais-je besoin d’autre ?”, renchérit Ismail Sefuko.

“Nous sommes heureux en Ouganda, nous l’aimons, c’est un homme bon, il écoute nos problèmes , pourquoi devrait -on s’en débarrasser ?”, ajoute Wendy Collins.

Les partisans de l’opposition martèlent en revanche que Museveni doit partir.

C’est le cas de Dumba Simon : “je veux Dr Kizza Besigye, personne ne veut plus de Museveni, nous en avons assez de le voir depuis 1986. ’‘

Pour Maghembe Christopher “ le système de santé est très très défaillant, donc nous avons besoin d’un dirigeant qui a à cœur la santé des citoyens.’‘

Dr Businge Kabumba, enseignant à l’université de Makerere à Kampala ne mettrait pas une pièce sur une révolution lors de ce scrutin.

“J’ai des doutes que le changement passe par la voie des urnes, le système institutionnel et le cadre légal en place ne le permettent pas.”

Les thèmes comme la corruption, le chômage, le niveau de l‘éducation et la santé ont largement été évoqués au cours de la campagne, comme c‘était déjà le cas lors d‘élections précédentes.

Y croire malgré tout

Huit candidats dont une femme, sont en lice pour cette élection présidentielle, mais trois noms se détachent. L’essentiel des suffrages selon des observateurs devrait être trusté par le président sortant Yoweri Museveni, son rival de toujours Kizza Besigye et l’ancien Premier ministre Amama Mbabazi.

Ces derniers ont longtemps cheminé avec lui avant de devenir de farouches opposants.

Amama Mbabazi traite régulièrement le président sortant de “dictacteur“ : “Il n’y a peut-être pas de guerre en Ouganda, mais nous ne sommes certainement pas en sécurité.”

Cet avis est sensiblement celui du candidat du Forum pour le changement démocratique, Kizza Besigye : ‘‘A ceux qui pensent que l’enthousiasme des Ougandais peut s’estomper en raison des violences que nous vivons, j’aimerais leur dire que c’est trop tard, votre fin est proche. Le peuple ougandais a fait son choix. Comme il vous l’a montré et au reste du monde, il veut le changement.’‘

Du côté du camp présidentiel, on semble imperturbable. Celui qui a été élu pour la première fois en 1996 estime être le meilleur candidat pour son pays et il le dit sans modestie aucune : “Yoweri Museveni est de loin le candidat le plus confiant de tous “.

Les candidats à la présidentielle ont utilisé leurs derniers jours de campagne pour convaincre les jeunes de leur accorder leurs suffrages, mais la décision finale reviendra somme toute au 15 millions d‘électeurs qui décideront d’accomplir leur devoir citoyen.

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