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Dopage : les défis de l'athlétisme kényan

Dopage : les défis de l'athlétisme kényan

Kenya

Le Kenya et l’Ethiopie font partie des nations africaines qui font régulièrement honneur au continent dans les compétitions internationales d’athlétisme. Mais depuis quelques mois, si les athlètes éthiopiens semblent épargnés par les différents scandales de dopage qui secouent ce secteur, les kényans en revanche ont mal à leur image.

Récente illustration de ce mal-être, le retrait provisoire du directeur de la Fédération d’athlétisme. Isaac Mwangise ne pourra pas assumer ses fonctions pendant les 21 prochains jours, trois semaines qui vont être mises à profit par des enquêteurs pour tenter de savoir s’il a requis des pots-de-vin auprès des athlètes afin de réduire leurs sanctions pour dopage.

Ce n’est que le dernier développement d’un feuilleton lancé par l’Agence mondiale antidopage (AMA). L’AMA a déclenché les hostilités tout de suite après la diffusion en août 2015 de vidéos par la chaîne de télévision allemande ARD. Dans le reportage, les journalistes donnent la parole à d’anciens lanceurs russes qui alertent sur les méthodes de tricherie organisées par les autorités sportives de leur pays. Face à ces allégations, l’agence mondiale antidopage décide de mener des investigations pour se faire sa propre idée.

La publication d’un rapport de 300 pages en novembre 2015 viendra éclabousser les athlètes russes, des officiels de la fédération internationale d’athlétisme (l’IAAF) et dans une certaine mesure provoquer des interrogations sur l’athlétisme kényan. La commission, qui a rédigé le rapport, conclut que l’ensemble du monde sportif russe est englué dans ‘‘une culture profondément enracinée de la tricherie’‘ et elle promet un deuxième rapport susceptible d‘être à charge pour le Kenya.

Du ménage en interne

Fin novembre 2015, le président de la commission d’enquête indépendante de l’Agence mondiale antidopage, Dick Pound, déclarait alors qu’ ‘’ il y aura un effet de sidération, je pense que les gens se demanderont comment cela a pu être possible’‘. Janvier 2016, le brûlot annoncé contre le Kenya fait l’objet d’un pétard mouillé. Pas grand chose finalement et beaucoup plus de soupçons (encore) sur le manque de volonté des autorités kényanes à agir dans la lutte contre le dopage. “Nous savons qu’il y a un problème, mais nous n’avons pas enquêté sur le Kenya, cela ne faisait pas partie de notre mandat”, avait déclaré l’ancien patron de l’AMA. “Il pourrait y avoir une autre commission d’enquête indépendante pour jeter un œil sur le Kenya, une fois que la fumée se sera dissipée”, mais nous n’avons “rien de très suspect” pour l’instant.

Une sortie plutôt bien accueillie par le Kenya qui, depuis le déclenchement du scandale, multiplie les initiatives pour montrer sa bonne foi dans la lutte contre le dopage. Les sept athlètes suspendus dans la foulée de cette affaire s’en souviennent très bien. Notamment la double championne du monde de cross en 2010 et 2013, Emily Chebet, qui ne pourra plus compétir jusqu’en 2019 pour usage de produit masquant. Idem pour Francisca Koki Manunga (400m haies) et Joyce Zakary (400m) qui ont écopé de la même sanction.

Autre décision prise pour montrer que le pays a saisi la mesure des reproches qui lui sont faits : la création de l’Agence nationale antidopage avec pour objectifs de “mener des contrôles antidopage dans le pays, favoriser l’intégrité et l’absence de dopage dans le sport, superviser les poursuites judiciaires liées au dopage, promouvoir le (…) combat contre le dopage, développer et mettre en œuvre les règles et règlements antidopage”.

Et plus récemment, le 12 février en l’occurrence, les détails du projet de loi du gouvernement contre le dopage ont été publiés. Les sportifs qui se rendront coupables de cette infraction risquent une peine de prison allant jusqu‘à trois ans et une amende de l’ordre de 10.000 dollars. Egalement visés, les médecins qui prescriront ou administreront des substances dopantes aux athlètes.

Prochaine destination : Rio 2016

Les autorités kényanes semblent déjà se projeter sur les prochains Jeux olympiques qui se dérouleront au Brésil cette année. Non pas tant pour affirmer leur intention d’y prendre part en obtenant les maxima, mais pour subordonner leur participation à la fin de l‘épidémie Zika.

Mais l’Agence mondiale anti-dopage pourrait également avoir son mot à dire sur cette participation, puisqu’elle a reproché il y a 4 jours à la fédération de ne pas avoir produit sa copie sur sa capacité à encadrer les pratiques de tricherie sur les pistes du pays.

“La plus grande menace pour la fédération kényane est une possible déclaration de non-conformité et de ses conséquences, a averti la responsable régionale de l’agence anti-dopage en Afrique de l’Est Christine Wambui. L’une d’entre elles est la capacité du Comité international olympique et d’autres grands organisateurs d‘événements sportifs de bannir les athlètes kényans”.

Une course contre la montre semble dorénavant enclenchée pour le Kenya, qui a besoin de redonner une image d’athlètes propres à ses sportifs.

Le bilan du pays aux Jeux olympiques et aux mondiaux d’athlétisme ces dernières années.

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