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Les derniers refoulés du Congo-Brazzaville vivent dans la précarité

Les derniers refoulés du Congo-Brazzaville vivent dans la précarité

République démocratique du Congo

Plus de 140.000 citoyens congolais refoulés du Congo-Brazzaville dénoncent les mauvaises conditions de vie auxquelles ils font face.

Ils sont des milliers de Congolais, refoulés du Congo-Brazzaville à vivre en République démocratique du Congo dans des conditions précaires. Bon nombre d’entre eux ont trouvé refuge le long du mur d’enceinte du stade Cardinal-Malula, un quartier populaire du nord de Kinshasa. Ils ont choisi comme abris de fortune, des bâches installées l’une après l’autre. Pour la plupart, vieillies par le temps.

Ces réfugiés font partie des plus de 140.000 refoulés du Congo-voisin. Ces derniers sont rentrés précipitamment après le lancement d’une opération de police musclée destinée officiellement à combattre une recrudescence du banditisme imputée aux étrangers. Dans un climat de chasse aux “Zaïrois” accompagné de violences policières dénoncées par l’ONU et plusieurs organisations de défense des droits de l’homme, des dizaines de milliers de ressortissants de la RDC ont préféré tout abandonner et rentrer chez eux tandis que des milliers d’autres étaient expulsés manu militari. Accueillis temporairement à Kinshasa, tous ou presque sont rentrés dans leur région d’origine ou se sont décidés à retraverser le fleuve Congo pour reprendre leur vie sur la rive opposée.

Les “refoulés” du stade Malula n’ont pas eu cette chance. Après avoir transité dans plusieurs sites, ce résidu de “167 foyers” a décidé de s’installer au cœur de Kinshasa afin que “personne” ne les oublie, explique leur président, François Okitalodi. Ce sont plus de 800 personnes dont près de 230 enfants, qui vivent dans la plus grande promiscuité entre le stade et la rigole d‘évacuation des eaux usées qui longe la rue Kabambare.

“Lorsque nous sommes arrivés ici, nous avons eu recours aux autorités afin qu’elles nous trouvent une solution. Nous avons écrit des mémos, nous avons tenu des réunions avec les autorités, mais nous n’avons eu que des promesses. Certaines ONG nous ont aidés, nous avons fait des plaidoyers auprès des autorités, mais toujours pas de solution jusque-là”, a déclaré M. Okitalodi.

Après les pluies torrentielles qui marquent la fin de la “petite saison sèche”, les eaux noirâtres et boueuses charriant des immondices débordent de toutes parts et se jouent des sacs de sable, protection dérisoire dressée par les habitants contre les éléments. Les fortes précipitations ont eu raison des bâches dont bon nombre, déchirées, prennent l’eau. M. Okitalodi tient en main une facture de “375 dollars pour des bâches neuves” ; problème, ils ne savent pas où se procurer une pareille somme.

Du “travail et des parcelles”

Venus d’un pays cité parmi les moins développés au monde, les “Zaïrois” (d’après l’ancien nom de la RDC) installés au Congo-Brazzaville, où les conditions de vie sont globalement un peu meilleures que chez eux, y exerçaient toutes sortes de métiers peu qualifiés. De retour au pays, ils retrouvent la misère et l’absence de perspectives qu’ils y avaient laissées.

À moitié nus dans l’eau sale et boueuse, les enfants mendient auprès de tout passant. Malgré la pluie, ils s’accrochent aux fenêtres des voitures, espérant attirer l’attention et pouvoir s’offrir ne serait-ce qu’“un pain”. Les parents ne cachent pas leur colère vis-à-vis des autorités qu’ils accusent de les avoir abandonnés : “pour nous reloger (les autorités urbaines) nous ont remis 18.000 francs” congolais (environ 20 dollars), affirme M. Okitalodi, dénonçant le montant dérisoire de cette aide. “Ils ont honte de nous regarder, ces menteurs qui nous dirigent”, s’emporte Marie Tshikudi, ex-vendeuse de poisson fumé entourée de ses deux petits-fils.

Alain, un jeune du quartier, déplore “le comportement agressif de certains expulsés” mais dit apprécier qu’ils aient détourné une conduite du réseau public d’eau, et qu’ils en fassent profiter les habitants du coin, qui n’ont pas accès au réseau d’adduction. “Nous demandons qu’on nous donne du travail, des parcelles pour nous installer et nous partirons d’ici”, déclare Firmin Kuba, chauffeur sans emploi, à l’attention des riverains qui manifestent publiquement leur hostilité vis-à-vis de ceux qu’ils considèrent comme des “envahisseurs”.

La communauté a déclaré avoir enregistré onze morts dans ses rangs depuis le mois d’août.

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