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L'Egypte fait face à une pénurie de médicaments

L'Egypte fait face à une pénurie de médicaments

Egypte

La pénurie de médicaments liée à la baisse de l‘économie fait craindre une recrudescence des maladies.

L’Egypte fait face à une pénurie de médicaments découlant des obstacles auxquels sont confrontées les entreprises pharmaceutiques. Ces dernières font face à une baisse des réserves en devises étrangères qui rendent les importations difficiles. Depuis la révolte de 2011, le pays connaît une baisse de l’activité touristique et le départ des investisseurs en raison de l’insécurité.

Selon le docteur Oussama Rostom, directeur commercial de la Egyptian International Pharmaceutical Industry co (EIPICO), l’indisponibilité des devises étrangères a rendu difficile l’importation des médicaments par les entreprises. “Tous nos produits sont importés de l‘étranger, directement ou indirectement que ce soit de la matière première ou le matériel de conditionnement. Lorsque le prix du dollar fluctue, les coûts augmentent. Nous avons déjà parlé des coûts en termes de prix, mais maintenant nous avons un autre problème qui est l’accès aux devises. Aujourd’hui, quand je veux ouvrir une ligne de crédit, la Banque centrale m’oblige à ouvrir ces lignes de crédit à partir de banques égyptiennes. Je ne peux pas aller chercher ces dollars au marché noir, alors les marchés égyptiens doivent les fournir. Les banques égyptiennes souffrent d’une pénurie de devises étrangères, elles pourraient donc ne pas être en mesure de nous fournir la monnaie que nous voulons au moment où nous le voulons”, a-t-il déclaré.

Les entreprises pharmaceutiques font également face à la baisse des prix des médicaments, tels que fixés par le gouvernement et qui sont non-négociables. Cela a un véritable impact sur la production nationale : “la baisse des prix des produits entrave la production parce que la société ne peut pas se permettre de produire à perte, en grandes quantités. Parfois, d’un point de vue de la responsabilité sociale, nous produisons à perte, mais nous ne pouvons pas aller au delà de 70%, c’est le problème de l’entreprise et des autres entreprises, et en particulier les entreprises du secteur public qui fixent des prix en fonction de la taille de la production. Mais nous, en tant que grande entreprise, nous fabriquons des produits, nous pouvons perdre sur un seul produit et tirer profit sur l’autre, mais il y a d’autres entreprises dont les produits n’engendrent que des pertes, les obligeant donc à fermer ou à arrêter la production de produits dont les patients égyptiens ont besoin”, a déclaré le docteur Said Ibrahim, directeur de l’usine EIPICO.

Le problème est d’autant plus crucial que des médicaments se font de plus en plus rares ; notamment ceux utilisés dans le traitement des maladies chroniques (maladies cardiaques, hypertension artérielle, taux élevé de cholestérol et problèmes articulaires) selon Ahmed Saïd, pharmacien.

Les responsables de la santé en Egypte ont du mal à aborder la question par peur de représailles de la population. “Chaque ministre qui vient demande la formation d’un comité pour le problème existant. Le comité se forme et il faut trouver des solutions et un plan d‘éradication à ce problème, il est ensuite mis à la disposition du ministre, et il [le ministre] dit [ceci est un gros problème, laissez-le au ministre qui va suivre] “, ajoute le pharmacien.

La Banque centrale a dû soulever le couvercle sur les dépôts en devises étrangères dans les banques à 250.000 dollars la semaine dernière pour gérer la pénurie de dollars qui a vu les importations des produits de première nécessité s’accumuler dans les ports. Le plafond ayant été fixé à 50.000 dollars il y a un an.

Pour alléger la pression sur les importateurs, la semaine dernière la Banque centrale a élargi le seuil de retrait des devises dans les banques. Il passe de 50.000 dollars il y a un an à 250.000 dollars américains.

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