Bienvenue sur Africanews

Merci de choisir votre version

Regarder en direct

Infos

news

Le parquet burundais fait appel dans le procès du putsch manqué des 13 et 14 mai 2015

Le parquet burundais fait appel dans le procès du putsch manqué des 13 et 14 mai 2015

Burundi

Le ministère public a fait appel du verdict rendu dans le procès de la tentative de coup d‘état des 13 et 14 mai 2015 au Burundi.

Au Burundi, le ministère public a réclamé la condamnation de l’ensemble des 28 accusés dans le cadre de l’affaire du putsch manqué contre le président Pierre Nkurunziza en 2015. L’information a été publiée ce mercredi dans un communiqué du parquet burundais.

Par ailleurs, le parquet a rendu public pour la première fois la liste exhaustive de 34 personnalités parmi lesquelles des leaders de l’opposition, des figures de la société civile et des représentants de médias indépendants, opposées au troisième mandat du président burundais.

Ces personnalités, qui ne sont pas concernées par le procès des militaires, pourraient toutefois être poursuivies par le parquet pour leur implication présumée dans la tentative de coup d’Etat.

La cour suprême du Burundi avait condamné le 15 janvier quatre généraux à la prison à vie pour avoir organisé la tentative de putsch. Neuf officiers à 30 ans de prison pour y avoir pris part, huit hommes de troupe à 5 ans. Sept personnes ont été acquittées.

D’après un communiqué de sa porte-parole, Agnès Bangiricenge, le ministère public, qui avait requis la prison à vie pour les 28 soldats et policiers poursuivis dans ce dossier, s’est déclaré “non satisfait de l’arrêt rendu par le premier juge” et a “interjeté appel”.

Pour sa part, le parquet burundais demande l’arrêt et la mise à la disposition de la justice burundaise des putschistes en fuite à l‘étranger et qui font l’objet de mandats d’arrêt internationaux, par les pays les hébergeant.

Il s’agit de 34 personnalités burundaises de premier plan dont l’ancien 1er vice-président, Bernard Busokoza et des leaders de partis politiques membres de la principale plateforme d’opposition (Cnared), Jean Minani du Frodebu Nyakuri et Alexis Sinduhije du MSD.

Le 13 mai de l’année dernière, après plus de deux semaines de manifestations interdites et sévèrement réprimées par la police, le général Godefroid Niyombare, ancien patron des services de renseignements, avait annoncé la destitution du chef de l’Etat, en déplacement à l‘étranger.

Après 48 heures d’incertitude, le coup s‘était soldé par un échec et la reddition d’au moins trois des meneurs, dont le général Cyrille Ndayirukiye. En outre, le général Niyombare et plusieurs de ses acolytes avaient pris la fuite.

Les principaux accusés, dont le général Ndayirukiye, ancien ministre de la Défense et n°2 des mutins, avaient dénoncé un “procès inique”, reprochant à la Cour d’avoir récusé les avocats qu’ils avaient choisis et refusé la comparution de plusieurs hauts gradés qu’ils réclamaient.

Le Burundi a plongé fin avril 2015 dans une crise émaillée de violences, à l’annonce de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat. Ses adversaires ont estimé que cette décision était contraire à la Constitution et à l’Accord d’Arusha ayant mis fin à la guerre civile (1993-2006). Pierre Nkurunziza a d’ailleurs été réélu en juillet 2015.

Selon l’ONU, les violences dans ce pays ont déjà fait plus de 400 morts et contraint quelque 230.000 personnes à l’exil. Lors du dernier sommet de l’Union africaine, La Commission de l’UA qui avait annoncé en décembre 2015 l’envoi d’une « mission de stabilisation » de cinq mille hommes au Burundi s’est finalement dérobée devant les pressions de certains présidents africains attachés au principe de souveraineté nationale, à l’instar du Gambien Yahya Jammeh, du Tanzanien John Magufuli, de l’Egyptien Abdel Fatah Al-Sissi et de l’Equato-Guinéen Teodoro Obiang Nguema. L’UA a donc décidé d’envoyer une délégation “ de très haut niveau” à Bujumbura pour relancer le dialogue avec Pierre Nkurunziza.

Voir plus