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UA : réticences quant à l'envoi de troupes au Burundi

UA : réticences quant à l'envoi de troupes au Burundi

Sommet

Les pays africains réunis à Addis-Abeba à l’occasion du 26e Sommet de l’Union africaine peinent à se prononcer en faveur de l’envoi des troupes de maintien de la paix au Burundi. Nombre d’entre eux affichent leurs réticences sur la question.

« A aucune condition, nous ne sommes prêts pour cette force », ainsi parlait Alain Aimé Nyamitwe, ministre burundais des Affaires étrangères, vendredi au sortir de la réunion du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine.

Cette phrase matérialise aisément le manque de consensus sur l’envoi des troupes africaines au Burundi. Et le pays n’est pas le seul à aller aux antipodes de la volonté de la présidente de la Commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma. Au nom du respect du principe de la souveraineté des Etats, le Gambien Yahya Jammeh s’est dit opposé au déploiement de 5 000 soldats de l’UA « sans l’accord du Burundi ». La question devient donc une pomme de discorde. Or il faut l’autorisation des deux tiers des membres de l’Organisation pour que le contingent soit mis en route.

Ban Ki-moon entre en scène

Les partisans du déploiement de cette force bénéficient d’un soutien de poids : celui du Secrétaire général des Nation Unies. En effet, Ban Ki-moon a défendu l’idée à la tribune de l’UA. « J’approuve votre proposition de déployer des observateurs des droits de l’Homme et une mission de protection et de prévention », a-t-il notamment déclaré.

A aucune condition, nous ne sommes prêts pour cette force. 

La bataille s’annonce donc féroce pour les chefs d’Etats qui ont pris ce samedi le relais des ministres des Affaires étrangères. « En plus des efforts de lobbying du Burundi, de nombreux chefs d’Etat seront réticents à créer un précédent sur le déploiement de troupes de l’UA dans un pays qui s’y oppose clairement », affirme Yolande Bouka, chercheuse à l’Institut des Etudes de sécurité basée en Afrique du Sud.

Le Burundi fait face à une instabilité depuis l’annonce de la candidature controversée de Pierre Nkurunziza pour un troisème mandat (il a été réélu depuis). Les violences qui sévissent dans le pays ont déjà fait plus de 400 morts. Cette crise a par ailleurs poussé plus de 230.000 personnes sur le chemin de l’exil.

La mission des ambassadeurs du Conseil de sécurité qui s’est rendue le 20 janvier au Burundi a accouché d’une souris. Elle n’a pas pu relancer le dialogue entre les différents protagonistes de la crise. « Les discussions avec le président burundais n’ont pas été aussi productives que souhaité », ont notamment reconnu les membres de la mission.