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Mali : de vieilles coupures de franc CFA contre des billets craquants

Mali : de vieilles coupures de franc CFA contre des billets craquants

Mali

Pour répondre à la demande sans cesse croissante de billets craquants de franc CFA, les cambistes de Bamako ont su diversifier leurs activités.

Depuis quelques années, un nouveau type de cambistes est né dans la capitale malienne, Bamako.

Leur travail, ce n’est pas le change traditionnel  de monnaie d’une devise à une autre, mais l’échange de vieux billets franc CFA  contre des coupures neuves et craquantes, moyennant une commission. Une activité plutôt rentable selon Soumaïla Coulibaly, l’un des cambiste.

“On échange 5 000 f pour une commission des 10% donc 500F. Dieu merci, on s’en sort bien. On les utilise lors des mariages et de cérémonies. Souvent il est difficile d’avoir les nouveau billets”, dit-il.

Les clients c’est surtout les femmes, elles qui se plaisent à utiliser les nouveaux billets de banques non pliés. Dans un contexte économique difficile, elles préfèrent ne pas en  parler devant la caméra au risque d’être sermonnées par leurs proches.

Si elles  ne veulent pas étaler leur fortune en monnayant l’argent au vu et au su de tous, c’est une attitude contraire qu’elles adoptent lors des cérémonies de mariage par exemple.

Tour à tour, les griots chantent les louages des invités. Les amies et connaissances viennent au secours de celle dont c’est le tour. 

D’après certains économistes, ce nouveau business de l’argent a ses ramifications jusque dans les banques. Ils pointent du doigt des agents véreux.

“Il est plus utile de donner un billet neuf que de donner  un ancien billet de banque. Il est plus utile de donner un billet que de donner une pièce. Donc il y a une demande sociale qui est là et qui répond à notre comportement. Et que la banque devrait satisfaire directement sans intermédiaire. Malheureusement, les agents de la banque en position de rente donc de corruption sortent l’argent des épargnants pour l’emmener sur un marché parallèle”, explique Abdoulaye Niang, un économiste malien.

C’est dans les environs de la Banque de Développement du Mali que cette activité prospère. Les cambistes peuvent récolter jusqu’à 20 % de commission dans chaque transaction, alors que la moyenne de légale est de 10%.

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