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La communauté internationale appellée à agir

La communauté internationale appellée à agir

Burundi

La principale coalition d’opposants burundais, le Cnared (le Conseil national pour le respect de l’accord d’Arusha et la restauration d’un État de Droit au Burundi), a regretté jeudi les “hésitations” de la communauté internationale et exhorté l’Union africaine (UA) à voter l’envoi d’une force d’interposition au Burundi contre le gré du président contesté Pierre Nkurunziza.

“Le risque de ces hésitations de la communauté internationale pour appuyer le peuple burundais, c’est la résurgence des mouvements armés et des rébellions (…) S’il y a des hésitations au niveau de la communauté internationale, certainement le peuple burundais, en légitime défense, va s’organiser pour se défendre contre l’agression de Pierre Nkurunziza qui a déclaré ouvertement la guerre à son peuple”, a averti Léonard Nyangoma, le président du Cnared, lors d’une conférence de presse à Bruxelles. Le déploiement de la Mission africaine de prévention et de protection au Burundi (Maprobu) de l’UA est loin d‘être acquis, notamment parce que le président Nkurunziza a promis de la “combattre” comme “une force d’invasion et d’occupation”.

Les violences

Le Burundi a plongé dans la violence après la répression brutale en avril 2015 de manifestations contre un troisième mandat de M. Nkurunziza, réélu en juillet lors d’une scrutin boycotté par l’opposition. Depuis, les manifestations, un coup d‘État manqué et une rébellion armée ont déjà fait plus de 400 morts et contraint à l’exil quelque 230.000 personnes, selon l’ONU, et suscité des craintes de voir le pays replonger dans des massacres inter-ethniques entre Hutus et Tutsis.

“La communauté internationale et l’Union africaine en particulier ne doivent pas tergiverser (…). En effet, la République démocratique du Congo, qui est à la veille d’un rendez-vous électoral similaire à celui du Burundi, nous observe. Si la crise burundaise perdure, la déflagration risque d’embraser toute la région, spécialement la RDC, le Rwanda et la Tanzanie”, a plaidé le Cnared dans un communiqué distribué à l’issue de la conférence de presse.

M. Nyangoma a appelé une nouvelle fois à un “dialogue inclusif pour un régime de transition, à l’exception du président sortant”, devant mener à “des élections crédibles dans un délai raisonnable” : “aujourd’hui, il y a un conflit de sang et l’ONU a révélé l’existence de plusieurs charniers” à Bujumbura et dans ses environs, a-t-il affirmé en exigeant le départ du président burundais : “vous ne pouvez pas demander aux victimes d’accepter que cet homme continue à diriger le pays !”.

Le pouvoir burundais a refusé de participer à une réunion visant à reprendre le dialogue avec l’opposition le 6 janvier en Tanzanie. De son côté, le président du Cnared a aussi rejeté la proposition, formulée par la France, de déployer une centaine d’experts militaires et d’observateurs des droits de l’Homme de l’UA, notamment à la frontière avec le Rwanda, pays accusé par M. Nkurunziza de soutenir des groupes d’opposition armés, ce que Kigali dément.

“J’y suis opposé, c’est une façon de fuir les vrais problèmes au Burundi. Il ne s’agit pas d’une guerre entre ethnies ou entre régions, et encore moins entre le Rwanda et le Burundi (… ) On a une clique au pouvoir qui a déclaré la guerre au peuple ! “, a-t-il insisté.

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