Bienvenue sur Africanews

Merci de choisir votre version

Regarder en direct

Infos

news

Tension toujours vive en Tunisie

Tension toujours vive en Tunisie

Tunisie

La tension reste toujours aussi grande en Tunisie où des manifestations pour réclamer des solutions au chômage ont éclaté dans plusieurs villes. C’est en soutien aux jeunes de Kasserine, ville du centre, qui manifestent depuis la mort d’un diplômé de 28 ans samedi.

Le couvre-feu n’y a rien fait. Les jeunes de Kasserine, ville du centre de la Tunisie, sont, une fois de plus, descendus dans les rues pour montrer leur détermination à combattre ce qu’ils considèrent comme un symbole de la marginalisation de leur région : le chômage. Ici, le manque d’emplois est l’un des plus chroniques dans un pays où l’exclusion sociale et les disparités régionales persistent malgré le changement de régime, après la révolution de 2011 qui a chassé du pouvoir Zine El Abidine Ben Ali. Une situation qui engendre régulièrement des tensions. Cette nouvelle vague de manifestations est loin d‘être une surprise pour certains observateurs. Pour le président de l’ONG Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), de tels évènements « étaient depuis longtemps prévisibles ». « Nous avons averti que la situation sociale allait exploser. Les gens ont attendu (…) mais le gouvernement n’a pas de vision, pas de programme pour les régions intérieures », déplore Abderrahman Hedhili.

Le chômage, un casse-tête pour le gouvernement

La situation n’est pas aussi facile à gérer pour le nouveau régime qui fait face à un nombre problématique de chômeurs. Le président Béji Caïd Essebsi a d’ailleurs révélé mercredi que « le gouvernement actuel avait hérité d’une situation très difficile » avec « 700.000 chômeurs et parmi eux 250.000 jeunes qui ont des diplômes ». Et le chef de l’Etat tunisien ne cache pas son impuissance face à la question. « On ne peut pas résoudre des situations comme ça par des déclarations ou un coup de pouce. Il faut (laisser) du temps au temps », reconnaît-il. Les manifestations ont été déclenchées par le décès samedi, à Kasserine, d’un chômeur de 28 ans. Ridha Yahyaoui est mort électrocuté après être monté sur un poteau pour protester contre le retrait de son nom d’une liste d’embauche dans la Fonction publique. Les manifestations qui ont suivi cet acte ont gagné peu à peu d’autres régions du pays, en soutien à la population de Kasserine où des dizaines de jeunes ont bravé le couvre-feu instauré mardi pour manifester leur ras-le-bol. Alors que des manifestants ont bloqué des routes et brûlé des pneus à Thala et Meknassi (centre), d’autres ont pris d’assaut la sous-préfecture de Ragueb (centre). La tension était particulièrement tendue à Kasserine où la façade du poste douanier à El Hidra a été incendiée et un véhicule des forces de l’ordre brûlé.

Le gouvernement actuel avait hérité d’une situation très difficile.

La révolution de 2011 encore dans les esprits

La clameur de cette nouvelle vague de protestations a été entendue jusque dans la capitale Tunis où des dizaines de personnes ont manifesté. Des rassemblements ont été également organisés à Sousse, dans le centre-est, et à El Fahs au sud-ouest de Tunis, selon les médias locaux. Tous réclament de meilleures conditions de vie et des solutions au chômage chronique qui frappe la jeunesse. Ces manifestations rappellent celles qui ont conduit à la chute de Ben Ali, à la suite d’une révolution née de l’immolation du vendeur ambulant Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid. « Aujourd’hui, nous sommes persuadés qu’il peut y avoir une autre révolution parce qu’il y a beaucoup de choses qui n’ont pas changé depuis celle de 2011. Depuis cette première révolution, nous n’avons obtenu que la liberté. Il reste encore à obtenir le travail et la dignité », s’indigne Amani Dhouib, une manifestante tunisoise. « Nous savons que le problème du chômage est un problème national et c’est ce pourquoi la révolution de 2011 a eu lieu. Aujourd’hui, ce sont les mêmes slogans qui sont scandés : travail, liberté et dignité. Nous n’avons pas vu de changements dans les politiques économiques et sociales du gouvernement. Il y a toujours autant de pauvreté, et même plus qu’avant », peste Youssef Chedli, membre de l’Union générale des étudiants de Tunisie (UGET). « Il faut que ce gouvernement œuvre à trouver des solutions sinon il partira. Si les problèmes ne sont pas réglés, il devra partir », poursuit-il.

Pour calmer les manifestants, l’Etat tunisien a annoncé mercredi une série de mesures pour la région. Il s’agit notamment de l’embauche de 5.000 chômeurs et de l’allocation de 135 millions de dinars, soit 60 millions d’euros, à la construction de 1.000 logements sociaux. Les autorités espèrent ainsi faire baisser la tension toujours aussi vive dans le pays.

Voir plus