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Les familles de victimes en colère après l'attaque de Ouagadougou

Les familles de victimes en colère après l'attaque de Ouagadougou

Burkina Faso

Quatre jours après l’attaque du Splendid Hôtel et du café-restaurant Cappuccino ayant fait au moins 30 morts à Ouagadougou, une cinquantaine de parents de victimes en colère a été reçue mardi par quelques membres du gouvernement burkinabè.

Au cours des échanges avec les autorités, les proches des victimes ont fait part de leur désarroi et de leurs attentes sur de nombreuses questions : indemnisations, éventuelle construction d’un monument ou création d’un cimetière collectif, obsèques et gestion des cadavres.

Alpha Barry, ministre burkinabè des Affaires étrangères : “ il y a des enquêtes qui sont en cours, qui ne permettent pas que les corps soient rapatriés. On attend une décision de la Procureure du Faso près du tribunal de Ouagadougou qui en temps utile va autoriser le rapatriement des corps, donc l’enlèvement par les chancelleries des pays qui ont été touchés par ces drames. “

“Est-ce qu’il y en a qui veulent récupérer tout de suite le corps de leur parent (..) ou bien certains veulent-ils attendre un enterrement collectif ? Ces questions sont très sensibles et le gouvernement ne peut pas prendre une décision sans se concerter avec les familles”, explique le ministre de l’Intérieur Simon Compaoré.

“On a demandé du temps pour avoir une position commune dans la famille”, confie Pascal Lankouandé. Sa sœur Jacqueline, 40 ans, mécanicienne, s‘était rendue au restaurant Cappuccino avec son fiancé qui a été grièvement blessé au bras. Pascal raconte comment ils ont cherché leur sœur. “On a fouillé à l’hôpital, consulté la liste des blessés où elle ne figurait pas avant qu’on nous apprenne la triste nouvelle” dit-il. Il espère la construction d’un monument ou d’un lieu en souvenir des victimes de “cette guerre” mais aussi pour “la mémoire collective et la sensibilisation des générations futures”.

A l’issue de la concertation, beaucoup de proches n’ont pas caché leur mécontentement : c’est le cas de Jean-Baptiste Ilboudo, 64 ans. Il a perdu son fils de 32 ans, Sylvain qui était serveur au Cappuccino. “C’est dur. Il avait une femme et deux enfants. Un d’un an à peine et un autre de quatre ans. C’est pas possible ce qui s’est passé”, dit cet homme aux cheveux gris dont le regard semble perdu dans le vague. La voix triste, il lance : “que va devenir la famille ? Je ne sais pas. On n’a pas les moyens. Ma belle-fille va sans doute partir. Peut-être que je vais garder le petit de 4 ans, le petit qui a un an…” conclut-il avant de s’en aller dignement. Mahamoudou Diallo, parent de victime : “Celui qui a perdu un être cher dans ces circonstances-là oublie difficilement. C’est très difficile, c’est pénible.”

L’attaque de vendredi, une première dans la capitale burkinabè, a été revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi), qui l’a attribuée au groupe Al-Mourabitoune du chef jihadiste Mokhtar Belmokhtar, selon SITE, une organisation américaine qui surveille les sites internet islamistes.

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