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Interrogations après l'attaque de Ouagadougou

Interrogations après l'attaque de Ouagadougou

Burkina Faso

L’heure est au questionnement après l’attaque de vendredi contre un hôtel et un restaurant de Ouagadougou.

Dans la nuit de vendredi à samedi, au moins 23 personnes de 18 nationalités ont été tuées dans une attaque djihadiste dans la capitale burkinabè. L’attaque a commencé par l’irruption à 19h45 d’un nombre indéterminé d’assaillants dans l’hôtel Splendid, un établissement de luxe de 147 chambres, situé au coeur de Ouagadougou et fréquenté par des Occidentaux et des employés des agences des Nations Unies.

Les opérations des forces de sécurité burkinabè appuyées par les forces spéciales françaises et américaines contre les auteurs de la tuerie se sont terminées samedi en fin de matinée. Mais le ratissage aux alentours de l’hôtel, du restaurant Cappuccino et des établissements voisins s’est poursuivi dans la journée. Un total de 126 personnes, dont 33 blessées, ont été libérées, ont affirmé les autorités burkinabè.

Un peu plus tôt dans l’après-midi, une première attaque d’un groupe armé a fait deux morts à Tin Abao dans le nord du pays près de la frontière avec le Mali.
Suite à l’assaut sur “le Splendid”, le président français François Hollande a dénoncé une “odieuse et lâche attaque” et assuré que “les forces françaises apportent leur soutien aux forces burkinabè.”

Ces événements d’une rare horreur sont pour le moins curieux dans un pays qui sort à peine d’une longue période de transition ayant conduit à l‘élection du président Roch Marc Christian Kaboré.
Certes, le Burkina, “point d’appui permanent” de l’opération militaire française Barkhane, a déjà été la cible d’opérations djihadistes. On se souvient de l’enlèvement du chef de sécurité roumain de la mine de manganèse de Tambao (nord, Ndlr) en avril 2015, revendiqué par Al-Mourabitoune.

Mais l’on s’interroge désormais sur le signal que souhaitent envoyer les terroristes à Roch Kaboré. Le nouveau président du Burkina dont la population est majoritairement musulmane (60%) devrait-il intégrer la lutte contre le terrorisme au premier chef de ses priorités ? Comment développer le pays dans une atmosphère d’insécurité permanente ? Faudra-t-il toujours compter avec la force française Barkhane dans ce pays ? Quel sens donner à cette résurgence du terrorisme en Afrique de l’Ouest ? Quel rôle pour le Burkina Faso dans la géopolitique sous-régionale et notamment dans la pacification du voisin malien secoué par la rébellion touarègue ? Et enfin, quelle riposte pour la Cedeao ?

Autant d’incertitudes qui interpellent les dirigeants burkinabè et les leaders de la sous-région. Car le moins que l’on puisse dire, c’est qu‘à travers ce coup de force, Aqmi vient de proclamer une fois de plus son intention de transformer cette partie de l’Afrique en un sanctuaire de djihadistes. Il y a seulement deux mois, l’attaque de l’hôtel Radisson Blu à Bamako, la capitale malienne faisait 20 morts dont 14 étrangers.

A l‘évidence, les événements de Ouagadougou rappellent une chose : c’est que toutes les capitales africaines sont susceptibles d‘être frappées à n’importe quel moment par des islamistes dont nul ne maîtrise l’agenda. Aux chefs d’Etat de prendre la menace au sérieux et de renforcer les dispositifs de surveillance. Il y va de la survie des nations.

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