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Dans l'univers des femmes mécaniciennes du Sénégal

Dans l'univers des femmes mécaniciennes du Sénégal

Sénégal

Au Sénégal, les femmes s’investissent de plus en plus dans la mécanique, un métier autrefois exclusivement réservé aux hommes.

De notre correspondante Christina Gnahouré.

Depuis 9 ans au Sénégal, on constate un accroissement de femmes mécaniciennes et certaines parmi elles sont devenues chefs de garage. C’est le cas de Fatou Sylla et sa cousine Fatou Kamara toutes deux propriétaires du garage Fatou Fatou Mercedes basé à Dakar, la capitale Sénégalaise. A ce jour, elles emploient huit mécaniciens et leurs affaires tournent bien. « Etre femme et gérer un garage n’est pas chose facile. Ce n’est pas facile parce que les hommes ne digèrent pas le fait de voir une femme être patronne dans un milieu d’hommes. Mais il faut y croire et croire en soi. Parce que, pour moi, ce n’est pas une affaire de femme ou d’homme, l’essentiel, c’est de prouver et de savoir ce qu’on fait. Ce n’est pas facile, mais il faut s’imposer », explique Fatou Sylla.

Les deux femmes ont étudié trois ans dans une école technique puis travaillé comme mécaniciennes dans des ateliers de réparation. Critiquées au lancement de leur entreprise, elles sont aujourd’hui respectées après 20 ans d’expérience dans ce métier. « En 1995, en Afrique, surtout au Sénégal, les gens n’avaient pas l’habitude de voir des femmes faire la mécanique. Parfois quand tu passais, les femmes se moquaient de toi, les hommes te regardaient autrement. Mais actuellement, nous avons influencé beaucoup de femmes qui font de la mécanique. Les femmes sont souvent dans les domaines de la coiffure, de la pédicure, de la manucure, mais je les invite à embrasser ce métier (la mécanique, NDLR) car il est noble », ajoute Fatou Camara.

Il existe également d’autres garages féminins à Dakar tel que Femmes Autos qui emploie à ce jour 35 mécaniciens dont 10 filles. Parmi celles-ci, Anna Lucienne Gaye, une véritable passionnée de la mécanique qui dévoile ses ambitions. « La mécanique est un métier qui m’a toujours passionnée. J’ai toujours aimé bricoler et faire les métiers d’hommes. J’avais des copains qui étaient mécaniciens et j’ai toujours voulu être comme eux. Mon souhait aujourd’hui est d’avoir mon propre garage, ouvrir un magasin de pièces détachées, créer des emplois et former des gens, surtout des chômeurs. », lance-t-elle.

Traditionnellement au Sénégal, les femmes sont limitées aux métiers informels et aux tâches ménagères. Une tendance que le ministère de la Formation veut inverser. Pour les autorités du ministère, cela passe par la consolidation de la formation des femmes. « Pour soutenir les femmes, je crois qu’il faut développer les compétences des femmes. C’est la raison pour laquelle nous avons une approche du genre dans la formation professionnelle et technique, dans nos politiques de formation professionnelle, mais également, nous conservons et renforçons les dispositifs de formation qui sont dédiés aux femmes. A côté de cela, nous renforçons également tout ce qui est dispositif d’appui et l’insertion des femmes à l’image de toutes les politiques que nous menons en matière de formation-insertion pour lesquelles les indicateurs qui sont placés mettent un accent particulier sur la cible féminine. », estime Michel Faye, Directeur au ministère de la Formation professionnelle.

Certaines femmes garagistes qui luttent déjà pour la parité dans le secteur de la mécanique aimeraient embaucher de jeunes demoiselles, mais ne trouvent pas d’employées qualifiées. Certainement avec la nouvelle politique de l’Etat du Sénégal qui vise à relever le taux d’accès des filles à l’école, à créer des centres de formation professionnelle et à appuyer les futures jeunes diplômées, ce problème pourrait être résolu dans les années à venir.

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