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Le numérique "loin d'être suffisant" pour réduire la pauvreté, selon la Banque mondiale

Le numérique "loin d'être suffisant" pour réduire la pauvreté, selon la Banque mondiale

Banque mondiale

L’institution se montre sceptique quant à la capacité des technologies digitales à créer à elles seules les conditions nécessaires au développement dans son rapport 2016.

Le miracle numérique n’aura pas lieu en matière d’amélioration des conditions de vie des populations les plus pauvres si des réformes concrètes ne sont pas engagées. Le constat de la Banque mondiale rame à contre-courant des certitudes d’une partie de l’opinion. Ses experts remarquent qu’il est bien plus facile aujourd’hui d’avoir accès à un téléphone cellulaire qu‘à des toilettes ou à de l’eau potable. Dans les faits, 70 % des ménages les plus pauvres dans le monde peuvent se procurer un appareil sans trop de difficultés. Pas sûr que les statistiques soient les mêmes pour les services sociaux de base. Un paradoxe qui caractérise la révolution de l’information et de la communication dont les caractéristiques principales sont l’inclusion, l’efficacité et l’innovation.

Ces dernières années, les services en ligne et les outils numériques ont permis à une frange importante de la population d’accéder à de nouvelles opportunités dans de nombreux pays africains. C’est notamment le cas du paiement numérique M-Pesa au Kenya. Cette plateforme a fait chuter les coûts de transfert de 80 %. Mais il y a aussi le succès des services de commerce électronique, et même des initiatives d’e-santé et d’e-education. À ces réussites, il faut ajouter l’optimisme des grands patrons de l’industrie du web et de l’informatique. Bill Gates et Mark Zuckerberg ont par exemple vanté la capacité d’internet à améliorer les conditions de vie des populations les plus pauvres dans une déclaration l’année dernière.

Dividendes numériques

Le numérique a de bons points et la Banque mondiale ne les rejette pas. Mais ils sont “loin d‘être suffisants”, analyse-t-elle. Le président du groupe de la Banque mondiale Jim Yong Kim rappelle aux États et à leurs partenaires que la création de richesses reste toujours subordonnée au respect des fondamentaux en matière de développement. Lerapport 2016 intitulé Les dividendes numériques met l’accent sur la nécessité de continuer à investir dans les infrastructures, l‘éducation et la santé des populations, à promouvoir la bonne gouvernance et à travailler à l’amélioration du climat des affaires.

Autre point pour les économies africaines. L’importance des devises dépensées pour l’acquisition des différentes technologies nécessaires pour accéder à internet et aux outils numériques. Pour l’instant constate encore l’institution basée à Washington, les couches de la population qui ont le plus bénéficié des dividendes numériques sont celles qui sont les plus connectées et les plus éduquées. Traduction : pas forcément les plus pauvres.