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Somalie : la diaspora fait revivre l'immobilier à Mogadiscio

Somalie : la diaspora fait revivre l'immobilier à Mogadiscio

Somalie

Malgré les problèmes chroniques de sécurité que connaît le pays, la capitale voit fleurir des projets d’envergure depuis quelques mois.

La Somalie devient de plus en plus sûre, ne serait-ce que pour ses ressortissants. Une partie de ceux qui ont quitté le pays n’hésitent pas à revenir dans la capitale pour s’installer définitivement ou tout simplement pour y avoir un pied-à-terre. C’est par exemple le cas d’Abdiqadar Jimale Roble. Il a quitté le pays en 1994 à l‘âge de 12 ans pour se réfugier en Suède. Le pays vivait alors les instants les plus sombres de la guerre civile. Aujourd’hui, il a décidé de revenir. “J’ai quitté la Somalie pendant longtemps, mais je suis revenu parce que tout le monde a besoin de son pays et parce que [la Somalie] fait des progrès, explique-t-il. Il fallait que je prenne part à ces avancées…” Aussi a-t-il décidé de se faire construire une maison.

La demande de logements a littéralement explosé à Mogadiscio après le retrait des Shebabs en 2011. Les banques, les entreprises de BTP et les sociétés immobilières se sont engouffrées dans la brèche. L’objectif est certes de participer à la reconstruction du pays, mais il s’agit aussi d’une affaire qui tourne. Le projet financé par la Salam Somali Bank est de ce point de vue un cas d‘école. L‘établissement supporte un important projet immobilier à environ sept kilomètres de la capitale. L’entreprise de construction en charge du chantier confie que 50 logements sont déjà terminés au lotissement de Daru Salaam. “C’est un nouveau quartier où les Somaliens vont pouvoir s’acheter des maisons à prix abordables, pour quitter les endroits surpeuplés de Mogadiscio et venir s’installer avec leur famille ici, indique le chargé des relations publiques à la Salaam Mohamed Abdullahi Ali. D’après nos plans, nous allons construire 500 logements résidentiels qui permettront d’abord de loger 500 familles. Puis nous construirons d’autres maisons”.

Ville la plus dangeureuse au monde

Le prix d’un logement est pourtant loin d‘être abordable pour le Somalien moyen. Il faut débourser jusqu‘à 130 000 dollars pour une maison de deux étages. Un simple bungalow coûte 70 000 dollars. De belles sommes dans un pays où le produit intérieur brut somalie par habitant est tout juste de 284 dollars – soit 4,5 fois moins important que la moyenne en Afrique subsaharienne. Mais tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Sadia Sheikh Ahmed a aussi fait fortune en Suède. C’est donc un luxe qu’elle peut s’offrir à elle-même, mais aussi à sa famille restée au pays. “Au début raconte-t-elle, nous voulions acheter deux maisons, mais maintenant nous et nos proches en avons acheté huit, qui devraient être terminées prochainement”.

Au début, nous voulions acheter deux maisons, mais maintenant nous et nos proches en avons acheté huit.

La frénésie immobilière animée par la diaspora vise à gommer l’image de la ville la plus dangereuse du monde qui colle depuis des décennies à Mogadiscio. Les agents immobiliers ne manquent d’ailleurs pas de souligner que leurs lotissements sont des îlots de sécurité. Mais la situation globale dans le pays est bien plus nuancée. Malgré le déploiement de près de 22 000 hommes par l’Union africaine, les Shebabs continuent à mener des attaques sporadiques contre des symboles du pouvoir ou de la stabilité dans la capitale. La dernière en date est celle d’un homme qui s’est fait exploser devant un restaurant ce le 02 janvier 2016. Deux personnes, dont lui-même, ont perdu la vie.

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