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Afrique du Sud : des banques de lait maternel pour lutter contre la mortalité infantile

Afrique du Sud : des banques de lait maternel pour lutter contre la mortalité infantile

Afrique du Sud

Les dons de lait maternel contribuent à sauver des milliers de nourrissons guettés par la malnutrition.

Naître prématuré continue à être un défi pour le système de santé sur le continent. Même en Afrique du Sud, où l‘économie est avancée, les complications dues à un accouchement précoce sont nombreuses. Et la moins importante n’est sans doute pas l’alimentation du nourrisson.

Patrick a pourtant survécu après une naissance prématurée. Sa mère Annerleigh Barlett ne produisant pas encore de lait au moment de l’accouchement, le bébé était promis à une mort certaine. Impossible de lui donner du lait artificiel, ses intestins, trop fragiles, ne pouvaient pas le digérer. “C‘était une question de vie ou de mort”, se souvient encore sa mère soulagée. Pour ses deux premières semaines, Patrick a été maintenu à la vie grâce au lait maternel donné par des femmes anonymes et stocké dans une banque de lait.

De fait, la mode a réussi à sauver des milliers de vies de nourrissons confrontés à la carence en lait maternel de leur propre mère. L’arrivée de ces banques nouvelles fait espérer que le taux de mortalité infantile en Afrique du Sud va être résorbé à court terme. En 2013, le pays comptait 32,8 décès pour mille naissances. Un chiffre bien plus élevé que ceux que l’on rencontre dans des pays comme l’Egypte, l’Algérie ou l’Indonésie.

D’une manière générale, l’allaitement maternel est très peu répandu en Afrique du Sud. Le taux ne dépasse guère les 7,4 %. Une situation qui rend compte de la puissance marketing des entreprises qui produisent le lait artificiel, mais aussi de la pauvreté ambiante. Les mères sont en effet souvent contraintes de retourner au travail juste quelques jours après leur accouchement. La conséquence est une multiplication des décès de nourrissons. C’est ce qu’explique Chantell Witten chercheuse à la North West Universtiy Center of Excellence for Nutrition. _“Beaucoup de ces mamans ne travaillent pas dans le secteur formel, souligne-t-elle. Elles n’ont donc pas droit aux congés de maternité. Cela signifie qu’elles ne sont pas avec leurs enfants et qu’elles commencent l’allaitement par le lait artificiel. Et ces bébés n’ont pas accès aux meilleurs produits puisque leurs mères n’y ont pas accès” _

Limiter la transmission de la mère à l’enfant

Selon l’UNICEF, en rapport avec les produits artificiels, l’allaitement maternel donne 14 fois plus de chances à un nourrisson de survivre pendant ses six premiers mois. L’Afrique du Sud prend progressivement conscience du problème. Le pays compte actuellement 44 banques de lait capables de ravitailler efficacement 75 % des hôpitaux du pays. Le principe de ces établissements est simple : les mères-donneuses mettent le lait à la disposition des banques qui se chargent de le stériliser. Tout comme le sang, les dons de lait subissent une batterie de tests notamment ceux du VIH/SIDA et de l’hépatite B.

L’affiche à l’entrée du siège de la South African Breastmilk Reserve est explicite : Chaque goutte compte ! . Le réseau fourni, 87 hôpitaux et nourri près de 2800 enfants. Le succès du dispositif a poussé le gouvernement à réformer l’un des piliers essentiels du système de santé de la reproduction dans le pays : la distribution gratuite de lait artificiel aux mères. L’objectif était de limiter la transmission du VIH de la mère à l’enfant. Depuis 2011, cette politique est révolue. Les mères séropositives sont, au contraire, encouragées à donner leur lait à leurs enfants sitôt qu’elles sont sous anti-rétroviraux.

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