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Chine : la journaliste Ursula Gauthier aurait dû s'excuser de "sa propre initiative"

Chine : la journaliste Ursula Gauthier aurait dû s'excuser de "sa propre initiative"

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La mise au point des autorités est rejetée par la concernée. Elle considère que son reportage sur la minorité Ouighour a été mal interprété.

La tension entre Ursula Gauthier et les autorités chinoises ne retombe pas. La correspondante de l’hebdomadaire L’Obs indique que les autorités veulent la forcer à quitter le pays après le refus du gouvernement de renouveler sa carte de presse pour la nouvelle année. Sa faute serait selon elle d’avoir publié un article sur la politique de Pékin dans la région difficile du Xinjiang.

« Je suis convaincue que le ministère chinois des Affaires étrangères n’a pas lu mon article, se plaint-elle. Ils ne l’ont pas traduit en chinois et même pas en anglais. Ils se sont uniquement basés sur ce qu’en a dit le Global Times qui l’a complètement travesti. C’est la raison pour laquelle ils m’ont demandé de m’excuser. Je ne peux pas l’accepter. Comment puis-je m’excuser pour quelque chose que je n’ai pas fait ? »

Les autorités motivent leur refus de voir Mme Gauthier continuer à exercer dans le pays à cause d’un reportage qu’elle a écrit et qui semble à leurs yeux faire l’apologie des actes de violence des Ouighours. Des membres d’une minorité musulmane de la région que le gouvernement central considère comme des terroristes. Les commentaires de la journaliste auraient irrité la population fréquemment prise pour cible par les attaques lancées par les insurgés.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a confirmé que la journaliste ne pourrait pas continuer à travailler dans le pays parce qu’elle a refusé de s’excuser pour ce qui est considéré ici comme une faute de goût. «  si Ursula Gauthier fait un sérieux examen de conscience, elle s’excusera de sa propre initiative et non à la demande d’autrui. »

Sujet sensible

Mais les crimes de la journaliste sont plus grands, laisse-t-on entendre à Pékin. L’article qu’elle a publié au lendemain de l’attaque de Paris du 13 novembre et à l’expression de solidarité de la Chine est resté en travers de la gorge du gouvernement communiste. Ursula Gauthier laisse entendre que le soutien de la Chine à la France n’a qu’un objectif : justifier sa propre répression dans le Xijiang. A la décharge de la journaliste, l’article critique paru dans The Global Times et qui a mis le feu aux poudres n’a pas intégralement repris le travail de la correspondante de L’Obs. Son texte rappelle que quelques heures après que le président chinois Xi Jinping ait dit à son homologue français que son pays était aux côtés de la France pour faire face aux attentats terroristes de novembre, le ministre chinois de la Sécurité annonçait l’arrestation de personnes suspectées d’avoir participé à l’attaque d’une mine de charbon dans la région de Xijiang.

La question de l’instabilité dans cette région occidentale de la Chine est un sujet sensible pour Pékin. Des centaines de personnes y ont perdu la vie du fait de tensions ethniques et de la politique répressive du gouvernement. Pour le gouvernement central, il n’y a pas de violation de droits de l’homme malgré l‘émergence d’une quasi-insurrection de groupuscules radicaux d’obédience musulmane. Ce n’est pas la première fois que la Chine refuse de renouveler la carte de presse d’un journaliste. La correspondante d’Al Jazeera Melissa Chan avait déjà été expulsée du pays en 2012. Elle avait offficiellemnt violé la réglementation locale .

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