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Crise burundaise : les menaces de l'UA

Crise burundaise : les menaces de l'UA

Burundi

L’Union africaine (UA) a menacé tous les acteurs de la crise au Burundi de « sanctions » s’ils devaient empêcher la reprise formelle du dialogue, prévue pour l’instant le 6 janvier à Arusha, en Tanzanie.

L’Union africaine durcit le ton face à l’impasse dans la crise burundaise. Elle a annoncé ce mercredi des sanctions contre toute tentative de sabotage du dialogue inter-burundais, prévu en principe le 6 janvier prochain à Arusha, en Tanzanie.

« Tous ceux dont l’action pourrait compromettre le dialogue inter-burundais, y compris les attaques menées par des groupes armés contre des installations gouvernementales et d’autres cibles, ainsi que le refus de répondre à l’invitation du médiateur, feront l’objet de sanctions », a indiqué la présidente de la Commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, dans un communiqué reçu mercredi par l’Afp. Une réaction qui fait suite à la pénible reprise du contact entre le pouvoir et l’opposition burundaise, sous l‘égide du président ougandais Yewori Museveni, médiateur désigné par la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est (EAC). Les deux parties se sont rencontrées lundi à Entebbe, en Ouganda pour tenter de nouer le fil du dialogue.

La réunion d’Entebbe n‘était, en fait, qu’un préalable à une reprise formelle des négociations, que la médiation ougandaise a fixée au 6 janvier à Arusha. Mais les protagonistes ne sont pas parvenus à un accord sur les modalités de l’organisation des pourparlers. Bujumbura ayant immédiatement affirmé qu’il n’y avait « pas eu de consensus » sur la date retenue. Un échec qui a fait réagir Mme Dlamini-Zuma qui menace les acteurs de cette crise sans pour autant préciser l‘éventail des sanctions, déjà évoquées par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA le 17 décembre.

Elle a tout de même appelé à « une coopération sans réserve à la médiation, pour mettre un terme à la violence ». Un discours qui entre dans la même veine que celui adopté mi-décembre par l’UA qui avait affirmé son intention de déployer une Mission africaine de prévention et de protection au Burundi (Maprobu), forte de 5.000 hommes, pour tenter d’enrayer le cycle des violences qui déchirent le pays depuis plusieurs mois. Un principe rejeté par le gouvernement burundais qui a prévenu que si l’UA devait mener à bien ce déploiement sans son aval, cette mission serait considérée comme une « force d’invasion et d’occupation ».

Le déploiement rapide de la Maprobu contribuera grandement à créer des conditions favorables à l'aboutissement du dialogue inter-burundais

La Maprobu toujours d’actualité

Mais l’UA ne baisse pas pour autant les bras. Mme Dlamini-Zuma a en effet indiqué que son organisation était prête « à engager sans délai des discussions avec le gouvernement du Burundi afin de convenir des modalités de déploiement » de la mission de paix qu’elle souhaite envoyer dans le pays. « Le déploiement rapide de la Maprobu contribuera grandement à créer des conditions favorables à l’aboutissement du dialogue inter-burundais », a-t-elle fait savoir.

Le Burundi est plongé dans une profonde crise politique depuis la candidature fin avril du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat ; candidature que l’opposition, la société civile et une partie du camp présidentiel ont jugé contraire à la Constitution et à l’Accord d’Arusha qui a mis fin à la guerre civile (1993-2006). Il s’en est suivi un cycle de violences qui ont déjà fait plusieurs centaines de morts et poussé plus de 200.000 personnes à quitter le pays, selon l’ONU.

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