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Yacouba Sawadogo : l'homme qui défie le désert au Burkina Faso

Yacouba Sawadogo : l'homme qui défie le désert au Burkina Faso

Burkina Faso

En 40 ans, il a reussi à transformer le désert de Gouga son village, en terre fertile, grâce à une méthode originale.

Il a fallu du temps, de la foi et de l’abnégation à Yacouba Sawadogo ce paysan burkinabé pour transformer son rêve, sa vision en réalité.
Il y a 40 ans, son village Gouga au nord du Burkina Faso subissait les affres de la désertification. L’eau manquait. La famine sévissait. Les bêtes mouraient tandis que les hommes abandonnaient le village, allant grossir les chiffres de l’exode rural.

https://twitter.com/MuryelSarrazin/status/567766491291189248

Aujourd’hui, la situation s’est inversée : le village est devenu hospitalier et favorable à l’agriculture.
En 1974, Sawadogo âgé alors de 25 ans et nanti d’un commerce florissant en ville, décidait de faire le chemin inverse. Il abandonna son business et rentra au village. Objectif : combattre le désert.

Décision insensée

Aux yeux de plusieurs villageois, Yacouba était considéré comme un fou. Les railleries fusaient. Yacouba tint bon. “J’ai contourné les pratiques ancestrales. Je fais un trou, je dépose le fumier et mets les semis en même temps. Les termites creusent des galeries profondes qui permettent une longue conservation de l’eau.” explique Yacouba au site rue89.nouvelobs.com.

En fait, il commença à expérimenter le Zaî. C’est une technique qui consiste à mettre de la matière organique dans des petits trous creusés dans le sol latéritique et stérile du désert. La matière organique attire alors des termites qui y creusent des nombreuses galeries. L’eau est ainsi “séquestrée” et les sols naguère stériles deviennent aussitôt fertiles. Une technique que Yacouba a pratiquée durant la saison des pluies contre l’avis des anciens.
Trois ans plus tard, les résultats étaient perceptibles sur terre à la surprise et la satisfaction du village qui adopta cette nouvelle méthode révolutionnaire.
Aujourd’hui c’est tout le Burkina qui s’est converti au Zaï. “J’ai traversé tout le pays pour vulgariser ma technique. Aujourd’hui, tout le Burkina Faso utilise le Zaï. Dans chaque village j’ai au moins un élève” se satisfait Yacouba.

Des obstacles

Malgré ce succès, Yacouba âgé aujourd’hui de 66 ans, a dû affronter les pires oppositions des gens de son village, visiblement réfractaires au changement.
A présent, des projets immobiliers qui risquent d’empiéter considérablement le terrain de Yacouba constituent un réel danger pour ses ambitions. Il projetait de porter à 100 ha, le terrain de 4 ha dont il a hérité.

Déterminé à soutenir cette initiative originale, le député Titus Zogo est catégorique: “Il nécessite plus d’attention de la part des dirigeants. On ne devrait pas lui mettre de bâtons dans les roues, seulement le soutenir et l’aider. C’est vraiment extraordinaire ce qu’il fait. Il a besoin d’être accompagné, car c’est un travail d’intérêt national. Il a pris un risque énorme pour lui et sa famille. Il a affronté la nature et réussi quelque chose de génial. Je vais faire en sorte d’alerter les autorités compétentes.”, a insisté ce membre du Parlement burkinabé.

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