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L’Ethiopie se lance dans l'immoblier de luxe

L’Ethiopie se lance dans l'immoblier de luxe

Ethiopie

L’Ethiopie a longtemps été associée à la famine. Mais depuis maintenant dix ans, ce pays de la corne de l’Afrique s’est lancé dans l’immobiler de luxe, à grande échelle.

Lotissement de luxe “Yerrer View Homes”, à 20 kilomètres au nord-est d’Addis Abeba. Une surface de banlieue qui s‘étend sur plus de 600 hectares et qui acccueille des maisons haut de gamme, symbole d’un luxe qui n’avait pas cours ici il y a à peine10 ans. En effet, à la place des maisons de rêve qui se dressent fièrement ici, il n’y avait que des champs.

Pelouses impeccablement tondues, clôtures blanches, haie de lauriers roses… Bref, tout le nécessaire qui rappelle au visiteur que ce quartier n’est pas fait pour les pauvres. Le chantier est censé se terminer dans 4 ans, comptera au total 5.400 maisons et aura un total de 20.000 habitants.

Il y a une demande d’immobilier de luxe. Les gens qui nous consultent ont tendance à rechercher des biens assez chers.

Au final, cet ensemble haut de gamme sera doté d’un golf, d’un hôtel cinq-étoiles avec spa, d’un centre commercial, d’une école, d’une clinique et d’une ferme biologique de 200 hectares.

Une demande de plus en plus pressante

Une nouvelle classe sociale a vu le jour en Ethiopie. Celle d’une population émergeante, pour ne pas dire aisée, dans un pays où la croissance avoisine les 10% par an depuis dix ans. Haile Mesele, promoteur immobilier nous explique : “Quand nous avons commencé, la croissance économique n’était pas aussi forte. La moitié de notre clientèle venait de la diaspora. Mais depuis, l’économie s’est renforcée. Près de 85% des résidents sont des locaux.”

Les maisons sont en général dans le type 500m2 sur 1.000m2 de terrain. Une large cuisine américaine trône au milieu du salon. Un escalier imitation marbre vrille vers l‘étage.

Les trois chambres dites pour enfants ont chacune une salle de douche. La chambre principale est dotée d’une cheminée et d’un dressing de 20m2. Dans la salle de bain subsiste “un espace libre, si les propriétaires veulent installer un sauna”, précise Haile Mesele, notre promoteur. Prix de vente ? 400.000 dollars (374.000 euros).

Et Haile Mesele d’ajouter ceci : “Quoique nous produisions en tout, c’est très peu en comparaison avec la demande (…) et nous avons plus de 200 personnes qui sont sur liste d’attente pour acheter des maisons.”

“Il y a une demande d’immobilier de luxe. Les gens qui nous consultent ont tendance à rechercher des biens assez chers, à partir de 7 millions de birrs (308.000 euros) et plus”, explique Wunmi Osholake, directrice générale de l’agence immobilière en ligne Lamudi, qui souligne que les prix n’ont pas de limite.

Dans une étude récente, le cabinet de conseil sud-africain New World Wealth estime qu’il y a désormais 2.700 millionnaires en Ethiopie, une hausse de 108% entre 2007 et 2013, la plus rapide du continent.

Une véritable succesion de chantiers de luxe

Non loin de “Yerrer View Homes”, se trouve le chantier de résidences du quartier d’Ayat., toujours taillé dans le style luxueux. Ici, le mètre carré bâti est vendu à 800 dollars.
Au centre d’Addis Abeba, le quartier de Kazanchis est en pleine transformation. Il y a un an et demi, l’agence May Real Estate mettait en vente 113 appartements dans la résidence Addis Gojo : trois tours de dix étages en face du siège des Nations unies.

Britania Ephrem, manager de May Real : “Pour le personnel des ONG ou les diplomates, c’est tout à fait central. Le quartier est une sorte de nouveau Manhattan. Chaque appartement ici a sa place de parking intérieur. Les ascenseurs fonctionnent, ce qui n’est pas le cas ailleurs.”
A Addis Gojo, un autre site de l’agence May Real Estate, l’appartement de base, entre 140 et 170 m2, se loue 1.800 dollars par mois (1.680 euros). La clientèle la plus visée ici étant les expatriés.

Des problèmes subsistent malgré tout

Tout n’est malheuresement pas pas parfait dans ce business de l’immobiler éthiopien. Haile Mesele, le promoteur, raconte que le fait de trouver une main-d’oeuvre qualifiée fut un défi colossal, au début du projet Yerrer View Homes. Il ajoute qu’il fut même obligé de recruter des spécialistes chinois pour former 1.000 ouvriers.

A propos de l’inflation qui a duré jusqu’en 2011 (atteignant un record de 64,2% en juillet 2008), Haile Mesele affirme qu’elle fut dévastatrice pour le secteur de l’immobilier. “Nous avons dû ralentir notre business et les délais ont pris du retard. Depuis, l’inflation s’est stabilisée et nous sommes à nouveau bénéficiaires depuis l’an dernier”, ajoute le promoteur.

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